Roman noir. Dans les ombres de l'après-guerre...

Catégorie Les Arts au soleil
Ancré dans le Paris de 1945-1946, « L’assassin de Pigalle » explore une période historique rarement traitée dans le polar français : l'immédiat après-guerre, où l'Épuration touche à sa fin et où l'heure est à l'oubli collectif des horreurs de l'Occupation. Le roman met en lumière la noirceur humaine et les jeux de pouvoir qui ont marqué cette époque trouble avant de culminer dans un plot twist final saisissant.




Paris, 1945. Max Weber, inspecteur de la Brigade criminelle usé par quatre années dans une unité d’élite, végète dans une routine morne quand une affaire le sort brutalement de sa torpeur : le meurtre d’un petit voyou, Antoine Moray, retrouvé mort dans un hôtel miteux de Pigalle. Le coupable ? Mendel Jankovic, un vagabond juif rescapé d’Auschwitz, qui jure que la victime était un ancien de la Carlingue, cette Gestapo française qui semait la terreur sous l’Occupation. Jankovic est défendu par une jeune avocate commise d’office, Augustine Derval, qui se retrouve à porter une cause presque impossible.

En 1946, la France préfère tourner la page. Personne ne veut remuer les cendres chaudes de la guerre, de la collaboration et de ses trahisons. Mais Weber, obsédé, creuse et découvre des vérités bien plus sombres et insupportables qu’il ne l’imaginait.

L’auteur, Gabriel Katz choisit, la période de l’immédiat après-guerre, ce chaos de 1945-1946 où une France libérée reste hantée par son passé collaborationniste. Il s’appuie sur l’histoire vraie de la Gestapo de la rue Lauriston : la bande criminelle d’Henri Lafont et Pierre Bonny, qui a pillé des familles juives, démantelé des réseaux de Résistance et régné en maîtres intouchables pendant des mois. Cette toile de fond historique, faite de trafics, de spoliations et d’impunité totale, offre un terreau fertile rarement exploré dans la littérature policière qui privilégie plus souvent l’Occupation elle-même.

L’auteur mêle avec finesse faits historiques et intrigue fictionnelle, alternant les points de vue pour aborder des thèmes centraux : la justice défaillante, les substitutions d’identité, les persistances du nazisme. La banale enquête au départ se transforme en un thriller psychologique, émaillé de rebondissements, où se croisent survivants des camps, anciens collabos en cavale et figures de l'Épuration. Le final, stupéfiant, renverse les identités des personnages, révélant que les victimes et les coupables ne sont pas ceux qu'ils paraissent. Le résultat : un roman captivant qui allie suspense, rigueur historique et réflexion sur les parts les plus sombres de l’âme humaine.



  • Gabriel Katz, né en 1978, est un auteur de fictions (livres, scénariste de BD, télé…). Sous ce pseudonyme, il écrit des romans jeunesses ou fantasy, ainsi que des romans policiers. Il remportera le prix du roman d'aventures 2024 pour son roman policier « Dehors tu vas avoir si froid ». Il a rédigé plus de 30 livres signés par des auteurs bien connus du grand public. Il se qualifie lui-même de nègre littéraire : « Pour faire court, je suis nègre, c'est-à-dire que j'écris des bouquins que vous avez lus en croyant qu'ils étaient écrits par l'auteur dont le nom est en couverture. »