L'eau potable. Un enjeu national…

Catégorie C'est notre santé
Entre 1980 et 2025, 14 640 captages d'eau potable ont été fermés. Parmi les captages abandonnés en raison de la dégradation de la qualité de la ressource, 41,6 % le sont du fait de teneurs excessives en nitrates et/ou pesticides.



- couverture de National Geography, 1993,
l'enjeu de l'eau potable est connu et mondial -


Largement utilisés en agriculture conventionnelle, les pesticides épandus dans les champs ruissellent et/ou s’infiltrent dans le sol jusqu’aux rivières et nappes phréatiques. Or, c’est dans ces mêmes eaux de surface ou souterraines qu’est puisée l’eau de consommation. La contamination des eaux du fait de ses pollutions conduit à des difficultés d’approvisionnement en eau de qualité et/ou à des coûts exorbitants de dépollution pour les Français. 

Il existe pourtant des outils à la disposition des préfets et des maires pour protéger les captages à moindre coût mais qui demeurent sous-utilisés par manque de volonté politique. France Nature Environnement et l’Association Citoyenne et Laïque des Consommateurs s’agacent de ses atermoiements et assignent l’État devant le tribunal administratif de Paris afin qu’il respecte son devoir de protection de notre ressource en eau potable. 

Chaque année, les coûts liés aux services de l’eau en lien avec les pollutions d’origine agricole s’élèvent jusqu’à 1,5 milliard d’euros, payés par les consommateurs et consommatrices sur leurs factures d’eau. Par ailleurs, selon la Cour des comptes, la dépollution de l'eau vis-à-vis des pesticides engendre 251,7 millions d’euros par an de coûts supplémentaires.

Au-delà des coûts de traitement, la seule dépollution ne peut pas être une solution sur le long terme : le charbon actif utilisé est importé et les traitements membranaires, tels que l'osmose inverse, sont coûteux en énergie, en eau et en équipements. De plus, ils conduisent trop souvent à simplement « relâcher » les polluants filtrés par une installation dans le milieu naturel pour être à nouveau dépollués aux frais du gestionnaire d’eau situé en aval du cours d’eau. Enfin, certaines molécules sont extrêmement difficiles à retirer de l’eau, ce qui constitue des impasses techniques pour les gestionnaires d’eau.

De nombreux outils fonciers, financiers et réglementaires existent pour protéger les captages d’eau potable, en incitant et en soutenant les agriculteurs et les agricultrices à mettre en œuvre des pratiques sans pesticides de synthèse, voire en dernier recours, en interdisant leur utilisation. Les initiatives de collectivités engagées ou de gestionnaires de services d’eau potable prouvent qu’il est possible de stopper l’utilisation de pesticides de synthèse dans les aires d’alimentation des captages, en concertation avec les agriculteurs et les agricultrices du territoire, et les différents acteurs et actrices des filières.

Le recours devant le Tribunal administratif de Paris des associations de protection, vise à engager la responsabilité de l’État du fait de sa carence fautive dans la protection des captages et lui demander de mettre en œuvre une série de mesures de bon sens, et de réparer le préjudice écologique subit.