L’Europe prend le train en route…

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Le Réseau Action Climat publie un nouveau rapport intitulé : Voyager en train en Europe, un casse-tête pour les passagers. Il examine les 31 liaisons aériennes ayant transporté plus d’un million de personnes entre la France et l’Europe et met en lumière les obstacles rencontrés par les voyageurs qui choisiraient le train.



- gare de Gènes (c) PCA -

Le Réseau Action Climat publie un nouveau rapport intitulé : Voyager en train en Europe, un casse-tête pour les passagers. Il examine les 31 liaisons aériennes ayant transporté plus d’un million de personnes entre la France et l’Europe et met en lumière les obstacles rencontrés par les voyageurs qui choisiraient le train.

Paris-Rome, Paris-Madrid, Paris-Venise… ces liaisons aériennes très prisées des Français se font facilement en une journée de train avec correspondance. Pourtant impossible de trouver un billet sur SNCF Connect, et en cas de retard du premier train, le passager devra souvent racheter le second billet au prix fort pour arriver à bon port, voire payer un hôtel à ses frais. Le Réseau Action Climat appelle le gouvernement français et la Commission européenne à mettre fin à cette situation afin d’encourager les passagers à choisir le train plutôt que l’avion.

Le rapport montre qu’il existe très peu de trains directs depuis la France vers l’Europe. Sur les 31 liaisons analysées, 4 sont impossibles à réaliser en train dans la journée, 18 nécessitent au moins une correspondance, et seulement 9 disposent d’un train direct. Et même lorsqu’un trajet direct existe en train, l’offre est insuffisante face à la demande : sur Paris-Barcelone par exemple, il n’existe que 2 trains par jour, loin de permettre un report significatif depuis l’avion. Quant aux trajets avec correspondance, les passagers prennent un véritable risque financier. En cas de correspondance ratée causée par le retard du premier train, le passager risque de devoir repayer un billet au prix fort (ex : près de 300€ pour un Barcelone-Paris). Une réalité qui concerne plus de 70% des trajets étudiés.

En France, SNCF Connect vend environ 85 % des billets de train en ligne, et joue donc un rôle central pour les voyageurs. Pourtant, la plateforme ne vend pas de billets pour 60 % des trajets avec correspondance depuis la France vers l’Europe. Par exemple, pour faire un Paris-Rome (via Milan), il faudra nécessairement acheter un billet Milan-Rome avec Trenitalia ou Italo… deux entreprises qui ne sont pas distribuées par SNCF Connect. 

Par ailleurs, SNCF Connect affiche parfois des tarifs bien plus élevés que d’autres plateformes. Un même train Paris-Francfort, opéré par la SNCF et la Deutsche Bahn (DB), pourra être vendu 80 € sur le site de la SNCF, contre 40 € sur celui de la DB ou sur Trainline. La liaison Paris-Madrid illustre particulièrement ces dysfonctionnements : il n’existe pas de liaison directe, le trajet n’est pas affiché sur SNCF Connect, et il n’existe aucune garantie pour le passager en cas de retard du premier train. La situation est d’autant plus incompréhensible que la SNCF opère l’ensemble du trajet, avec un TGV Inouï entre Paris et Barcelone puis un Ouigo entre Barcelone et Madrid.

Face à cette situation, le Réseau Action Climat appelle les pouvoirs publics à agir en obligeant SNCF Connect à distribuer les principales liaisons depuis la France vers l’Europe. Il appelle également à étendre les droits des passagers à toutes les liaisons ferroviaires en correspondance depuis la France, afin de garantir la poursuite du voyage en cas de retard et la prise en charge d’un hébergement si nécessaire.  Selon Alexis Chailloux : « Le succès du TGV Paris-Berlin (8h de trajet) montre que Français sont prêts à voyager une journée entière en train. C’est une petite révolution ! Les pouvoirs publics doivent accompagner le mouvement, en facilitant la vie des passagers qui veulent choisir le train. » CQFD !