Gémenos. Le passé s’invite...

L’Inrap réalise actuellement une fouille archéologique préventive sur le site « Coupier Près », chemin de la République à Gémenos, qui révèle un ensemble de voie et de bâtiments caractéristiques d’une entrée d’agglomération de l’époque antique. L’étude des vestiges, dont certains sont particulièrement bien conservés sur cette parcelle de 4000 m2, vise à appréhender les différentes activités qui se déployaient sur ce site.



- photo (c) Inrap -



Le sous-sol de l’actuelle Gémenos est connu pour conserver les vestiges d’une petite agglomération antique. Plusieurs fouilles réalisées par l’Inrap entre 2013 et 2023 aux environs de celle actuellement menée avaient en effet permis d’établir des limites supposées d’un espace urbain occupé entre le Ier et IIIe siècle après J.-C., et circonscrit par des champs cultivés documentés au nord, à l’ouest et au sud.

L’opération en cours vient compléter ces données puisqu’elle met en évidence, au centre de l’emprise fouillée, la présence d’une voie antique. Cet axe, orienté sud-nord, semble constituer une délimitation. En effet, à l’est de celui-ci, les archéologues ont relevé des traces de plantations de vignes ainsi que de nombreuses fosses circulaires d’environ 1 m de diamètre. En cours de fouille, celles-ci livrent du mobilier antique et pour certaines d’entre elles, des poteries d’époque médiévale, attestant d’une réoccupation du site après la période romaine. 

À l’ouest en revanche, les bords de la voie sont occupés par des bâtiments de l’époque antique. Plusieurs édifices ont été mis au jour de ce côté ouest de la voie. Le premier ensemble bâti en arrivant par le sud est composé d’une série de pièces dédiée à la fonction balnéaire : ont en effet été fouillées des salles chauffées par hypocauste (système de chauffage par le sol caractéristique de l’époque romaine), dont les pilettes de briques étaient toujours en place ; une salle de chauffe, découverte dans un bon état de conservation ; ainsi qu’un bassin orné de plaques de marbre appartenant au même ensemble. Découverts dans les niveaux d’abandon, des fragments laissent penser que les parois des salles thermales étaient décorées d’éléments peints. Des pièces, dont l’identification est en cours, complètent cet îlot. Les dimensions de cet ensemble thermal, trop grandes pour être privé et trop petites pour un édifice public, permettent de suggérer qu’il s’agit là d’un complexe lié à l’accueil de visiteurs empruntant cette voie.

Une ruelle sépare l’îlot méridional et une autre série de pièces associée aux vestiges d’agglomération découverte au nord. Les nombreux foyers observés en plusieurs points et le mobilier associé à ces espaces (déchets métalliques sous forme de fragments de fer et de bronze), orientent les archéologues vers l’identification de cet ensemble comme un atelier métallurgique. 

Plus à l’ouest de la parcelle, deux grands espaces, également probablement dédiés à des activités artisanales, conservent des éléments de leurs aménagements en terre crue. À l’interface entre les espaces de vie organisés le long de route et la campagne agricole (vignes et arboriculture), est découverte une pièce de dimension modeste, dont le sol aménagé d’un béton de tuileau supporte un foyer ou four construit à l’aide de fragments de dolium et de briques de terre cuite, ce qui oriente l’interprétation de la fonction de l’espace comme une cuisine.

Les recherches dans ce secteur se poursuivront jusqu’au début du mois d’avril, avant que ne commence la tranche 2 de l’opération dans la partie occidentale de la parcelle concernée par le projet d'aménagement restant à investiguer d’ici le mois de mai, celle-ci ayant livré des vestiges agraires antiques lors de la phase de diagnostic archéologique, Après cela, le terrain sera restitué à l’aménageur et les études se poursuivront dans une phase de post-fouille mobilisant de nombreux spécialistes dans les centres de recherches de l’Inrap.