Marseille. Il est libre Max… Charvolen.

C’est au tour de la Galerie du tableau de lui donner la liberté et l’espace nécessaire à ses explorations.




Avec Nicole Biagioli posons la question rituelle du message de l’œuvre : « Si ça parle, qu'est-ce que cela dit ? A nous, en tant que locuteurs, pas grand-chose, du moins directement. Indirectement, cela nous fait reparcourir certaines allées de l'histoire de l'art. Mais ça parle surtout à notre corps, à nos pieds, à nos mains, à nos yeux, et donc à notre imaginaire. Parce qu’en même temps que nous repérons la trace de ce qui a été enveloppé, nous ne pouvons nous empêcher de réagir à la nouvelle forme, et d'inventer de nouvelles significations : les escaliers deviennent visages, oiseaux, les outils sexes, coquillages. De quoi ça parle ? De l'artiste d’abord, des centaines de gestes quotidiens qu'il a dû additionner pour transmuter un lieu en un autre, avec le matériau qui depuis des siècles ne servait qu’à représenter un lieu sur un autre. Et de nous, à des profondeurs que nous avons peu l’occasion de visiter. L’art de Charvolen nous invite à mobiliser nos ressources psychiques en puisant dans notre animalité.

On a évoqué les mues à propos de ses enveloppes. Le dictionnaire permet d’affiner la comparaison. Il nous apprend que les insectes passent par trois stades de transformation avant de trouver leur forme : la chrysalide dans laquelle la chenille s'enferme pour muer, la nymphe, stade intermédiaire où elle perd sa forme initiale et devient larve, et l'imago qui est la forme définitive de l'être sexué, juste avant l’éclosion. L’enveloppe est donc bien dans le monde animal facteur à la fois de changement et d'identité. En l'appliquant aux lieux et aux objets de notre environnement quotidien Charvolen nous incite à changer pour mieux nous (re)trouver. »

  • Né à Cannes en 1946, Max Charvolen s’est doté d’une double formation en art et en architecture, à l’école d’art de Nice, puis celle de Marseille. Membre du groupe INterVENTION avec, entre autres, Dolla, Viallat, Saytour ou Miguel (1968-1973) et cofondateur du Groupe 70, il fait son stage d’architecte à Rio de Janeiro, dans l’agence d’Oscar Niemeyer, à qui l’a lié une longue et fidèle amitié. Sa double formation d'artiste et d'architecte n'est pas fortuite : depuis 1967, l'œuvre de Max Charvolen joue sur cette double préoccupation, et travaille aux frontières entre l'espace physique dans lequel nous évoluons et l'espace symbolique dans lequel nous représentons. C'est ainsi qu'il s'est tout naturellement inscrit aux origines du courant esthétique de la peinture analytique et critique, questionnant les « constituants immédiats » de la peinture, accordant au moins autant d'importance au « processus de création » qu'au résultat purement esthétique. Depuis la fin des années 70, il met en place les éléments de son travail sur bâti et développe une œuvre qui questionne à la fois les moyens dont nous disposons pour représenter le monde dans lequel nous vivons et la façon dont nous nous y tenons.

« Process d’assises... »
Galerie du Tableau
37 rue Sylvabelle 13006 Marseille
tel. 06 14 59 46 66


- les copains d’abord…
de gauche à droite : Franta, Max Charvolen, Alain Lestié, Dominique Thevenin,
dans l’atelier/galerie de l’architecte Pierre Fauroux, à Cannes (2008) -