Nice. Nathalie Magnan... super nana.

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© Antoine Aphesbero / Villa Arson


Du 20 février au 31 mai 2026, le centre d’art de la Villa Arson présente "Magnanrama", une exposition collective dédiée à Nathalie Magnan, théoricienne des médias, réalisatrice, cyberféministe et hacktiviste, navigatrice des mers et des internets disparue en 2016. Réunissant de nombreuses pièces d’archives et films qui retracent son parcours, et fédérant autour d’elle des artistes avec qui elle a travaillé ou dont les pratiques prolongent les siennes, l’exposition compose une biographie collective qui éclaire la portée actuelle d'une figure importante et encore trop peu connue de l’histoire des médias, des technologies, du féminisme et des luttes LGBTQIA+. 

Nathalie Magnan a joué un rôle de passeuse entre des scènes géographiques, des milieux intellectuels et militants et des champs disciplinaires qui se côtoient peu et ne dialoguent pas toujours. Privilégiant le travail en collectif, avec des méthodologies féministes et rhizomatiques où le do it yourself est incitatif et contagieux, Nathalie Magnan a toujours œuvré à la collecte, la rencontre et au croisement entre des images, des textes, des personnes, des luttes et des machines. 

Décédée à l’âge de soixante ans des suites d’un cancer, elle laisse en héritage ses combats pour les questions de genre dans les technologies, ses interrogations acérées sur la façon dont les médias transforment nos visions du monde, sa conviction dans l’agentivité de chacun·e à produire ses propres représentations, sa méthodologie participative d’investigation et son humour. Nombreux sont ceux qui l’ont côtoyée et se demandent ce qu’elle aurait pensé, écrit et fait de notre époque, des réseaux sociaux auxquels on confie notre vie intime et nos données, d’une pandémie qui a reconfiguré nos rapports à la distance et à la vulnérabilité, des possibilités de l’intelligence artificielle, des médias majoritaires détenus par l’extrême-droite et des génocides retransmis en direct au creux de nos mains. Nombreux aussi sont ceux qui se passionnent pour son fonds d’archives, déposé aux Archives de la critique d’art à Rennes par sa compagne Reine Prat, fonds qui brouille joyeusement les distinctions entre vie privée et vie professionnelle, culture institutionnelle et autogestion, activisme et transmission, rebattant les cartes des disciplines, des genres et des questions de légitimité.

  • L’exposition ne se veut pas simplement un portrait et un femmage, mais plutôt une biographie collective et ouverte sur le présent, où la pensée, les combats et les ponts que Nathalie Magnan a su créer se retrouvent chez différentes générations d’artistes et penseureuses. «Magnanrama» regroupe autour d’elle celles qui l’ont précédée, comme Barbara Hammer; celleux qui l’ont côtoyée, comme Shu Lea Cheang, Old Boys Network, VNS Matrix ou The Yes Men; mais aussi des contemporaines aux intérêts connexes, comme les Guerrilla Girls ou Julia Scher; et celleux qui agrandissent les sillons qu’elles a ouverts, comme Chloé Desmoineaux, Bobby Brim et Ada LaNerd, ou Cindy Coutant.