Le génocide des Arméniens… 110 ans de mémoires.

Catégorie Les paradoxales

En commémoration des cent dix ans du génocide des Arméniens, le Mémorial de la Shoah présente une exposition en plein air le long de l’Allée des Justes, accessible à tous. Elle est consacrée aux événements qui préfigurent les meurtres de masse qui se sont produits au cours du XXe siècle, en mettant également en exergue le déni dont il continue à faire l’objet. Une exposition itinérante est aussi disponible pour prolonger la sensibilisation des scolaires à ce « crime contre l’humanité et la civilisation ».



- L’assiette au beurre, n°47, 26/02/1902
Illustrateur, Steinlein. Coll. Claire Mouradian -


Dans le contexte propice de la Première Guerre mondiale, le régime dictatorial et ultra-nationaliste du Comité Union et Progrès à la tête de l’Empire ottoman, a mis en oeuvre la destruction systématique et planifiée de ses citoyens arméniens : arrestation et exécution des notables de la capitale et des grandes villes, massacres des hommes adultes et des conscrits, déportation de toute la population civile vers les déserts de Syrie et de Mésopotamie, élimination des survivants de ces marches de la mort dans des camps de concentration. D’avril 1915 à décembre 1916, environ 1 300 000 Arméniens ont été assassinés. 

Dans la nouvelle République de Turquie née en 1923 sur les ruines de l’Empire ottoman, il ne reste plus que 65 000 Arméniens en 1927. Ceux qui partent perdent leur citoyenneté et sont « interdits de retour ». Les rescapés et leurs descendants se dispersent. De nos jours, plus des deux tiers des 8 à 9 millions d’Arméniens vivent hors de leur pays, en diaspora, principalement en Russie, aux États-Unis, au Moyen-Orient et en France. La communauté de France (environ 500 000 personnes) est la plus importante d’Europe occidentale. Les Arméniens s’y sont organisés, ont reconstitué d’anciennes structures ou ont créé de nouveaux collectifs tout en s’intégrant.


- L’évacuation des orphelins arméniens, 1922
© Pictures from History - Bridgeman Images -

Cette exposition est présentée à l’occasion du vingt-quatrième anniversaire de la loi du 29 janvier 2001 par laquelle la France a reconnu le génocide des Arméniens. Le 10 avril 2019, un décret a instauré le 24 avril, comme date de sa commémoration annuelle. Ce cas emblématique d’anéantissement par un État de ses propres sujets, décrétés « ennemis intérieurs », a inauguré la « modernité » génocidaire du XXe siècle qui a vu aussi : la destruction des Juifs d’Europe et des Tutsi du Rwanda. Une des spécificités du génocide des Arméniens est qu’il continue à faire l’objet d’un déni et d’un négationnisme actif de l’État turc. Malgré tout, le mouvement de reconnaissance internationale du génocide progresse dans le monde.

Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman
Mémorial de la Shoah
Allée des Justes 75004 Paris