Alpes-Maritimes. La planification écologique est sur les rails...
Le Préfet Laurent Hottiaux, avait réuni de nombreux élus ainsi que les représentants des chambres consulaires, du monde économique, ainsi que ceux de la recherche et de l’université, pour faire (pour la première fois) le point sur le dossier Écologie. Extraits :

- Juan-les-pins, 2021 (c) PCA -
« Alors que s’est achevé la COP 30 au Brésil, nous voyons que, de par le monde, la prise de conscience des enjeux est loin d’être générale. La conférence des Nations Unies sur l’Océan organisée à Nice il y a quelques mois seulement nous montre cependant que des résultats substantiels peuvent être atteints dès lors que sont dépassés les égoïsmes nationaux.
Dix ans après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le climat, la planification écologique répond à une nécessité urgente, face à une réalité qui s’impose désormais à tous : le changement climatique est là, et ses conséquences se manifestent avec une intensité croissante.
L’été que nous venons de traverser en est une illustration éloquente : c’est le 3e été plus chaud jamais enregistré, après 2022 et 2023. Les vagues de chaleur, les sécheresses prolongées, la pression sur la ressource en eau sont devenues notre quotidien. Ici, dans les Alpes-Maritimes, nous connaissons depuis longtemps l’exposition aux aléas naturels. Nous gardons tous en mémoire la violence de la tempête Alex, qui a frappé nos vallées en octobre 2020, bouleversant des vies, détruisant des infrastructures, rappelant avec force que notre territoire, aussi beau et attractif soit-il, est aussi vulnérable.
Nous n’avons pas non plus oublié les crues meurtrières d’octobre 2015, notamment sur le Riou de l’Argentière à Mandelieu. Ces événements, ajoutés aux coups de mer qui touchent le littoral, au risque sismique, aux éboulements en montagne, à l’appauvrissement de la biodiversité, aux incendies, dessinent un tableau sans complaisance : celui d’un département exposé de manière multiple et forte aux risques naturels. Après un été difficile, nous sommes encore en pénurie d’eau au mois de novembre, même si personne n’en parle !
Le réchauffement moyen en France métropolitaine sera de 2,7 °C en 2050 et 4 °C en 2100, quand bien même nous aurions atteint la neutralité carbone en 2050. Comme l’a rappelé la Ministre de la Transition écologique, l’horizon 2100, ce n’est pas un futur lointain puisque les enfants qui naissent cette année auront alors 75 ans seulement en 2100. Et ce sont eux qui vivront dans cette France à +4 °C.
La planification écologique, ce n’est pas une option supplémentaire. C’est en même temps un enjeu de souveraineté vital : rendre compatibles croissance, innovation et sécurité. Le Gouvernement a fixé un cap ambitieux avec le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique. Et naturellement, cette planification n’aura de sens que si elle est locale et territorialisée, c’est-à-dire adaptée à nos réalités locales et construite avec vous.
Nous devons garder en tête une idée simple : il ne s’agit pas seulement de subir le changement climatique, mais bien de construire, ensemble, les conditions d’un avenir durable pour les Alpes-Maritimes et de vivre avec.
Je vais prendre des mesures fortes sur l’eau, la forêt et son avenir et la gestion des déchets dans les semaines qui viennent pour mobiliser les acteurs et établir des feuilles de route ambitieuses et partagées. »
Laurent Hottiaux