Fiscalité. Les raisons d’un record du monde...

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« La pression fiscale, une antienne qui anime le débat depuis des décennies, décuplant au fil du temps le sentiment d’injustice sociale ».

Suppression de l’impôt sur la fortune, diminution de la taxe d’habitation, baisse de l’impôt sur le revenu, il faut concéder au gouvernement une réelle volonté de diminuer les prélèvements, mais ça n’empêche pas la France d’être encore une fois la championne des impôts.

Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, en dépit des efforts concédés, cette année le taux de prélèvements obligatoires de l’Hexagone demeure stable à 46,1%, la France restant ainsi pour la seconde année consécutive la championne des prélèvements parmi les pays développés, et vraisemblablement parmi l'ensemble des pays du monde, le Danemark, la Belgique et la Suède étant les seuls autres pays où ce taux est supérieur à 43%.

Si nous taxons plus, ce n’est pas vraiment par goût immodéré de la taxation, quoique on pourrait presque le penser, c’est surtout parce que nous dépensons plus pour financer la collectivité, mais aussi la solidarité. Ainsi la santé ampute plus de 36% du PIB, l'assurance chômage ou les retraites, représentent également dans l’Hexagone des dépenses plus importantes que partout ailleurs.

Dépenser moins parait impossible si l’on ne se pose pas la question de comment dépenser mieux, il semble que notre pays maintienne un choix de société qui creuse les dettes au nom de la solidarité tout en réussissant le paradoxe de creuser le sentiment d’inégalité.

Cette incapacité à réduire dette et prélèvements, pose questionnement : 

« À savoir si nos gouvernements successifs sont de piètres gestionnaires ou si nous sommes immuablement hostiles à toute refonte de notre politique économique ? »

Le Général de Gaulle parlait de la difficulté de ‘gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage’, François Mitterrand avait annoncé ‘qu’après lui il n’y aurait plus que des comptables’ quant à Georges Pompidou il sommait Jacques Chirac ‘d’arrêter d’emmerder les Français’, c’est certainement entre ces trois formules que se niche la vérité : 

Notre incapacité d’offrir une vision qui fasse Nation pour repenser notre modèle de Société sans se heurter à l’ire populaire viscérale qui condamne par posture tout changement demandé, le tout légitimé par des coups d’assommoirs législatifs et fiscaux qui ne font que renforcer la défiance vis-à-vis de toutes réformes annoncées.

Philippe Buerch