L'art, c'est pas du cochon...
ça se discute aussi.
Art contemporain : les curieuses conceptions de Christian Estrosi...
Christian Estrosi dénonce ce jour, en chœur avec l'ancien ministre Jean-Jacques Aillagon, le « profond mépris et l'hostilité abyssale pour les artistes d'une candidate à la présidence de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur ».
Même s'il n'a pas le courage de nommer cette « candidate », nul de doute que le « candidat » Christian Estrosi vise Marion Maréchal Le Pen, qui a commis à ses yeux le crime de dénoncer, quant à elle, la tenue d'une exposition « artistique » à Marseille destinée à mettre en scène des œuvres à caractère pédopornographique.
Mais quelles sont donc les conceptions de Christian Estrosi en matière d'art contemporain et plus largement de culture ?
En 2009, Christian Estrosi avait engagé avec un énorme salaire la comédienne Sophie Duez, alors élue socialiste, comme chargée de mission pour transformer les anciens abattoirs de Nice en un « haut lieu culturel » : 7 ans plus tard, le chantier n'a pas avancé d'un pouce, ce qui ne pas empêché Christian Estrosi de « récompenser » madame Duez en lui confiant la mission de créer une « fête de l'image mobile au sein de l'espace public » … Entretemps, la comédienne-chargée de mission a pris le temps de tourner un film (Barbecue) sans que l'on puisse savoir si elle a bénéficié d'un congé sans solde ou si son salaire a été maintenu…
L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, M Aillagon dont le moins que l’on puisse dire qu’il fut l’un des plus mauvais ministres, s’est retrouvé lui aussi chargé de mission auprès du Maire, avec comme les autres un salaire mirobolant, pour préparer le dossier d'inscription de la Promenade des Anglais au patrimoine mondial de l'Unesco...
Cette mission ne semble pas lui prendre beaucoup de temps, puisque Monsieur Aillagon prépare avec l’argent des Niçois le programme boboïsé du candidat Estrosi pour les élections régionales.
Le même Christian Estrosi qui a supprimé la nuit des Galléries qui pendant dix ans a permis à des dizaines de milliers de Niçois de découvrir et aimer l’Art Contemporain en allant à la rencontre des artistes et des galeristes niçois.
La paupérisation de la Ville de Nice sous l’ère Estrosi a malheureusement condamné à la disparition la quasi totalité des galeries niçoises hormis la galerie Ferrero, dont le propriétaire Guillaume Aral est un des plus fervents soutiens à Marion Maréchal Le Pen aux élections régionales.
Je pense qu'avant de donner des leçons à son adversaire, monsieur Estrosi ferait bien de balayer devant sa propre porte.
Olivier Bettati