Sur mes étagères : Les Palaces et leurs âmes…

Les Palaces furent créés au début du 19ème siècle pour permettre à une certaine classe de gens aisés de séjourner durant des saisons entières, dans un luxe inouï en toute insouciance. Le personnel hôtelier discipliné, laborieux et dévoué mettait un point d'honneur à répondre au moindre besoin de ses hôtes. Le livre d’Émile Litschgy , « La vie des Palaces » nous plonge dans cet univers feutré et plein de secrets plus ou moins avouables…




L'auteur nous fait passer par la Loge, par les Étages, domaines d'une gouvernante redoutable, par la Réception et la Direction, par le Restaurant et par la vie passionnelle et difficile des Toques. Il n'oublie pas les petits métiers, le caviste et l'économe, le vernisseur, les tapissiers. les lingères et les valets de chambre, le postier, le liftier. les équipes de nettoyeurs... A chacun, un apprentissage rude, des rémunérations modestes et peu de temps libre dans un monde hiérarchisé, dont l'auteur analyse l'inter-fonctionnement complexe et délicat… Émile Litschgy sait de quoi il parle. Il a passé 50 ans de sa vie dans ces établissements, gravissant tous les échelons avant d’arriver au sommet : patron d’un Palace. Pour étayer ses dires, il puise dans ses archives et ceux de son père. Balade instructive s’il en est pour tous ceux qui fréquentent ces « hôtels de séjour » comme on les appelait… et pour ceux qui y travaillent.




Le siècle va naître. En Ardèche, un petit paysan en sabots patauge derrière un âne pour livrer de la bière. II a quinze ans. Comme il n'aime pas la bière, il s'exile à Paris et entre dans les Pompes  funèbres. Comme la mort l'ennuie, il découvre la roulette. Comme il y perd sa chemise, il ouvre son premier tripot clandestin. Comme l'argent rentre à flots, il crée de nouveaux casinos : Cannes,  Deauville, La Baule, Juan-les-Pins, Trouville... Comme il adore le luxe et la beauté, il construit des palaces de légende pour y accueillir le monde entier. Quand il rend l'âme, Lucien Barrière, son  neveu, prend la relève. Dans la foulée, il épouse Martha, une sublime danseuse hongroise, et adopte sa fille, qui devient alors Diane Barrière, unique héritière du fabuleux empire créé par l'adolescent en sabots: François André. Mais les descendants de sa dynastie lui ont donné un autre nom: « l'Oncle ». C’est justement le titre du livre écrit par Pierre Rey pour parler de ces adresses qu’il connaît si bien. On y apprend plein anecdotes et l’on comprend mieux la dynamique de ce qui est devenu un empire dirigé d’une main de fer par le gendre de Lucien Barrière, Dominique Desseigne.




Autre ouvrage sur l’un des plus emblématiques palaces de La Croisette qui fêtait il n’y a pas si longtemps son centenaire : la BD de Nelly Moriquand et de Favien Lacaf. « Il était une fois le Carlton ». Il est vrai qu’on ne fête pas tous les jours les cent ans d'un hôtel ! C'est un évènement qui fera date à l’Intercontinental Carlton. Nous sommes donc en 2013 et la presse, qui ne veut rien rater envoie sur les lieux sa meilleure représentante, Caroline Russo, une pétillante reporter qui va être chargée de couvrir le sujet et donc d'enquêter au mieux sur ces cent années d'histoire et de prestige... Un personnage anachronique se présente alors pour la conduire au Carlton, en... calèche : Maxence de Casteljaloux, cet homme«  plutôt tourné vers le passé» s'improvise guide auprès de la jeune femme, en la faisant voyager à travers le temps et les lieux.