Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

Cannes : Bernard Brochand fait l’impasse sur le débat démocratique…

Crédits:
textes par

Député sortant à la recherche d’une prolongation, Bernard Brochand occupe plus souvent qu'à son tour la rubrique politique du quotidien local, Nice-Matin. De nombreuses interviews le mettent régulièrement en valeur et aident à convaincre les lecteurs/électeurs que son emploi à l’Assemblée national n’est pas... fictif.

Pourtant cette fois, il n’a pas répondu favorablement à la demande de ce même journal, de participer, comme c’est la coutume, à un débat démocratique entre les candidats à une fonction élective. C’est assez rare pour être souligné et difficile à analyser. 


Un manque de confiance en soi, un signe de fatigue ou bien un signe de mépris vis à vis de ses concurrents et/ou de l’électorat cannois qu’il penserait d’ors et déjà acquis à sa cause ? Il est vrai, que ce dernier est majoritairement « à droites toutes ». Mais sur cette élection, la présence du candidat macroniste va prendre immanquablement des voix au candidat Les Républicains. On peut aussi imaginer qu’une partie non négligeable de ceux qui ont voté Marine Le Pen, réitère son choix, et ce quelque que soit le nom de la représentante du FN. Dans ce cas de figure, la perspective d’une triangulaire devient tout à fait possible. Tout serait alors dans les mains des absentéistes.


Un débat démocratique entre les candidats sans la présence du candidat sortant a-t-il encore un sens ? On peut en… débattre. Les autres candidats se retrouvent frustrés d’une ultime occasion d’avancer leurs arguments et de se mesurer à leurs adversaires. 


Notamment Phillippe Buerch, candidat LREM. Il pointe du doigt le fait que ce type de rencontre organisée par Nice-Matin est prévu pour chaque circonscription des Alpes-Maritimes. Ce serait donc en effet un insolite exemple de refus, surtout de la part d’un candidat sortant. Il ne peut que déplorer une occasion ratée d’aborder des sujets fondamentaux, tels que le rôle d'un élu et ses missions au sein du Parlement. 


Le cumul des mandats avait brouillé les cartes et jeté auprès des électeurs la confusion entre élu local et élu national. Le député représente la nation et pas uniquement sa circonscription. Sa fonction est essentiellement de proposer des lois, de… débattre des lois présentées, de les amender, de les voter, ce qui justifie un travail à plein temps.


A ce sujet, on peut espérer justement, que la loi sur le non-cumul des mandats produise son effet et donne un peu plus de crédibilité à ceux qui, par leur absentéisme chronique, ont contribué à dévaloriser la fonction. Ce n’est pas gagné, car les cumulards résistent et cherchent tous les moyens pour rester aux commandes. Ainsi les maires qui démissionnent mais restent dans le Conseil municipal en se servant de prêtes-nom, hommes lige, pour diriger en sous-main leur ville… 


Que dire de ces autres élus qui s’affichent comme suppléant, alors que, s’ils avaient à remplacer le député, ils se retrouveraient instantanément en situation de cumul ? Où est-donc le respect de « l’esprit de la loi » votée par les.. députés ? Quid de la saine parité d’un ticket homme/femme ? D’une toute aussi saine limitation du nombre des mandats ? Qui se rappelle qu’il y a plus d’une décennie, le RPR de l’époque avait suggéré sans succès qu’on fixe une limite d’âge pour les élus ? Mais demander à ses mêmes élus de s’auto-pénaliser, ce n’était pas d’actualité… Cela serait-il possible avec une nouvelle majorité présidentielle ? La réponse est dans les urnes. Ne la laissons pas aux absentéistes !