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Législatives cannoises. Philippe Buerch : envers et contre tous…

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Engagé de la première heure, initiateur de la « Droite avec Macron » dans le département des Alpes-Maritimes, Philippe Buerch a été investi pour défendre à Cannes le programme du nouveau président et de lui assurer une majorité nécessaire à la mise en œuvre de son programme. Il aura en face de lui Bernard Brochand, député sortant LR et président de la communauté d’agglomération Pays de Lérins.


C’est avant tout la mise en œuvre de la loi sur le non-cumul des mandats qui a bousculé les us et coutumes de nos institutions électives. Elle a le mérite de promouvoir de nouvelles personnalités et de changer les ordres établis. Qui s’en plaindra, fors ceux qui cumulaient fonctions, titres, indemnités diverses et variées...


Dans les Alpes-Maritimes, un département acquis de longue date à la droite et où la présence de l’extrême droite est de plus en plus pérenne, le Mouvement en Marche a contribué à accélérer cette procédure de renouvellement et à donner leur chance à de nouveaux venus. Elle a provoqué quelques cassures au sein de la droite traditionnelle rassemblée chez Les Républicains. Source de confusion chez certains électeurs. En effet, ces derniers vont se retrouver à choisir entre des candidats de droite LR et d’autres identifiés comme étant aussi à droite mais investis pour donner une majorité de députés au Président élu.


Cas d’école, la situation cannoise. Outre la candidature de la frontiste Anne Kesseler, c’est le duel Bernard Brochand face à Philippe Buerch qui retient l’attention. Un député sortant âgé de 79 ans qui, élu, devrait pour pouvoir siéger à l’Assemblé nationale, démissionner de la présidence de la communauté d’agglomération Pays de Lérins, entité composée de Cannes, Mougins, Le Cannet, Mandelieu, Théoule. Après deux mandats de maire et une participation anecdotique à la vie de l’Assemblée (il fait parti de ces fantômes de la République dénoncés dans le magazine l'Express), Bernard Brochand représente, à l’insu de son plein gré, le passé. Beaucoup pensent que se serait le mandat de trop.



- Philippe Buerch -


A l’opposé, Philippe Buerch, 51 ans, représente lui la société civile, en contact avec la réalité du terrain, celui des PME, des retraités, des salariés, tournés vers un futur proche. Passionné, il est prêt à apporter sa pierre à l’édifice. Tous les deux avaient adhéré au RPR puis aux LR. A priori quelques affinités mais des divergences aussi qui se sont accentuées au fil des années. Déçu au niveau départemental par des pratiques de parti peu démocratiques, Philippe Buerch a été parmi les tout premiers à marcher dans les traces d’Emmanuel Macron. Dans un premier temps, envers et contre... presque tous, il s’est engagé dans « La Droite avec Macron ».


Une position pas forcement du goût de la hiérarchie, figée dans ses réflexes pavloviens, sa méfiance pour les choses nouvelles, sa conviction de détenir la vérité… Jusqu’à ce que les résultats de l’élection présidentielle bougent enfin les lignes. Cela s’est fait d’abord sentir à l’issu du premier tour. On y a vu un Christian Estrosi plus ouvert et plus sensible, recevant à Marseille le vainqueur de Fillon tandis qu’Eric Ciotti, droit dans ses bottes, se voulait le garant d’une droite « plus conservatrice tu meurs »



- Bernard Brochand -


Deux attitudes, deux options que l’on retrouve dans la 8ème circonscription de Cannes, dans le face à face Brochand, un ultra-conservateur rigide et Philippe Buerch un humaniste à l’écoute. Ce dernier aura-t-il eu raison trop vite ? Vers qui les nombreux abstentionnistes (28,38 % au second tour) iront-ils ? Les électeurs frontistes ont confirmé leur poids aux présidentielles. Ils furent 13 624 à se prononcer pour Marine Le Pen contre 57,8 % pour Emmanuel Macron. Se sont eux qui risquent de faire la différence. Philippe Buerch ne part pas seul au combat, il a choisi comme suppléante Sélima Ghebrid. Engagée dans des actions humanitaires depuis de nombreuses années elle partage avec lui les valeurs de la République.


Le verdict de urnes a poussé nombre représentants de la Droite a faire preuve de pragmatisme et de raison. Ainsi Eric Woerth qui déclarait l’autre jour : puisque le Premier ministre est de Droite aidons-le à réussir : donnons lui une majorité de la Droite et du Centre… Plus révélateur encore de cette tendance, Jean-Louis Debré, Ministre de l'Intérieur, Président de l'Assemblée Nationale sous Jacques Chirac, Président du conseil constitutionnel, s’exprimait sur France Info :

« Dans l'élection majeure qu'est l'élection présidentielle, les Français ont fait confiance à un homme nouveau. Essayons de soutenir cette confiance, car ce qui est en jeu, c'est l'avenir de la France et non pas l'avenir des partis politiques traditionnels dont on sait qu'ils n'ont plus les bons logiciels. »

CQFD !