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Cannes : dialogue de... sourd entre « La Pointe-Environnement »

et la mairie.

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Un nouvel échange de courriers entre les élus de la majorité et l’association « La Pointe-Environnement » à propos de la construction et de l’occupation de l’immeuble « Cor-Al » situé rue Esprit Violet, dans le quartier chic de la pointe du Palm Beach, à l’extrémité Est de la Croisette.



C’est cette fois l’adjoint à l’urbanisme, Gilles Cima, qui se charge de répondre à la lettre reçue en mairie en mai dernier. Lettre dans laquelle, l’association demande une énième fois des explications sur une situation qui ne semble pas évoluer dans la bonne direction. En effet, le sujet du litige, la construction d’un bâtiment dénoncée et jugée illicite par la Justice, n’a donné lieu à aucune solution satisfaisante pour les membres de l’association. Au contraire, l’immeuble qui ne semble pas terminé au sens juridique du terme, est, depuis plusieurs mois, en partie habitée.

Datée du 21 juin dernier, la réponse de l’adjoint à Urbanisme, au Droit des sols et à l’Aménagement du territoire, s’efforce de justifier l’action de la municipalité. Pour constater d’abord que l’immeuble est en effet occupé alors qu’aucune déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux n’a été reçue en mairie... Et de demander ce que son service peut faire de plus, tout en assurant que si l’association diligente un recours en démolition du bâtiment concerné, la commune envisagerait de se joindre à cette action. Promesse faite sous réserve des « réelles motivations et agissements de certains membres de l’association » car d’après lui elles ne s’apparenteraient pas à la défense de l’intérêt légitime de l’association.

À ce courrier qui souffle le chaud et le froid, le bureau de « La Pointe-Environnement », a pris le temps de peaufiner sa réplique. Ainsi, le 23 juillet, le bureau prenait acte de l’inachèvement de la construction tout en s’étonnant que le premier adjoint, David Lisnard, ait pu assez récemment écrire à un adhérent de l’association « qu’au jour de l’annulation des permis de construire, le 15 février 2007, l’immeuble était achevé, si bien que la Commune n’était dès lors plus autorisée, juridiquement, à engager de procédure pénale pour aboutir à la démolition requise ».

Ce manque apparent de cohérence dans l’argumentaire est propre à jeter le trouble dans l’esprit des adhérents et diminue d’autant la confiance qu’ils sont censés avoir envers des élus, aidés d’administratifs compétents, pour les aider à résoudre ce type de problème tout à fait de leur compétence. Comme souvent dans ces cas-là, les plaignants ont la conviction que leur dossier est infaillible et qu’ils vont rapidement gagner. Et puis, les mois passent, bientôt les années et rien ne bouge vraiment malgré les procédures et les jugements en leur faveur. Pire, leur impatience légitime à voir le dossier aboutir les amène à se frotter aux élus qui, lassés par tant de persévérance et d’entêtement, les accusent plus ou moins implicitement de faire le jeu de leurs opposants politiques locaux... Comme c’est facile mais pas forcément productif.

La justice est aussi dans le collimateur de l’association qui ne manque pas de souligner que toutes les infractions à l’urbanisme recensées ont conduit l’entreprise Cor-Al et son architecte à écoper d’une amende de seulement 2000 € chacun : « Franchement, à ce prix là, cela vaut le coup de se payer la violation du Code de l’Urbanisme, du PLU, du POS et en bonus les plans paysagers de la ville jardin ! » On a envie d’ajouter : et ce, pour solde de tout compte ?

Sachant que Cannes est dans le peloton de tête des plus fortes hausses de prix, on comprend mieux les enjeux financiers considérables de ce genre d’opération. Selon  Trouver un logement neuf. com (février2013),  le prix d’un 3 pièces a grimpé de + 28 % en 6 mois en raison de la commercialisation d’un programme neuf haut-de-gamme, sur la Croisette, proposant des 3 pièces à 1,9 millions €. « En excluant cette opération, le prix moyen d’un T3 à Cannes s’élèverait à 443 500 €, contre un prix moyen de 652 000 € aujourd’hui », précise le site.