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Nice ne lésine pas sur la Com,

un budget qui la place parmi les villes françaises les mieux nanties...

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La récente enquête du Figaro sur le budget de la communication et des frais de mission des élus des plus grandes villes françaises est source de possibles réflexions de la part d’un public soucieux de savoir où va l’argent de ses impôts.


- le bateau du navigateur niçois Jean-Pierre Dick, sponsorisé notamment par le Conseil Général des Alpes-Maritimes et la ville de Nice comme l'est la voiture de rallye de Jean-Pierre Pernaut  : ça c'est de la Com !

Seule ville de plus de 100 000 habitants des Alpes-Maritimes, Nice apparaît bien installée dans le haut du tableau. La capitale azuréenne se retrouve ainsi à la 4ème place concernant les frais de communication, soit la bagatelle de 200 214 € par an pour 10 000 habitants. Certains diront que c’est peu par tête de pipe mais à cela s’ajoute évidemment beaucoup d’autres charges. Comme celles du personnel municipal. La ville dépense 738 € per capita, en augmentation de 10,1 % sur l’année précédente, seulement battue au palmarès de 0,1 % par la très dépensière ville de Montpellier. Ses élus (bien qu’à notre connaissance, tous ne soient pas missionnés) dépensent en moyenne 1237 €. Autre ligne remarquable, la dette par habitant qui se monte à 1093 €, certes loin derrière Saint-Étienne qui affiche un record de 2264 €... Plus sage en dépenses d’équipement, Cannes investit 288 € par habitant, en augmentation de 19 %.

La communication institutionnelle, c’est quoi dans une ville  ? Et bien, cela inclut les dépenses telles que les réceptions, enquêtes publiques, cérémonies, publicité (affichages, TV et magazines municipaux, pub dans les médias, insertions obligatoires...). Côté frais de communication, il y a sur la Côte d’Azur, une petite ville qui, si elle est loin de rentrer dans le top des plus de 100 000 habitants, avait attiré l’attention de la Chambre régionale des comptes pour sa propension à ne pas regarder à la dépense. Il est vrai que la municipalité de Saint Jean Cap Ferrat, 2000 habitants (beaucoup plus en saison), dégage un impressionnant excédent budgétaire, ce qui l’autorise par exemple à organiser des fêtes pour ses administrés et ses visiteurs : 300 000 € en 2010...

Concernant l’enquête des villes de plus de 100 000 habitants, deux villes, Antibes et Cannes pourraient prétendre à entrer dans ce classement puisqu’elles revendiquent, à juste titre, une population qui dépasse largement la barre des 100 000 habitants en période touristique. Mais notre recherche prouve qu’il n’est pas facile de trouver de données fiables et comparatives lorsqu’on ouvre le dossier de la Com. Car la Com il y en a tous les étages, une véritable nébuleuse... Preuve en est, le directeur de la Com d’Antibes, Olivier Darcq, qui nous indiquait le montant du budget de son service (478 000 € pour 2013),  précisant qu’il couvre essentiellement l’achat d’espaces publicitaires et le coût des publications municipales (insertions obligatoires non comprises). Il est clair que d’autres services mènent ou participent plus ou moins directement à des campagnes de pub et de Com, avec leurs propres deniers (OT, événementiel, jumelage...).

- le mur de la Com...

Cette constatation est encore plus flagrante dans le cas de Cannes. Le nombre de campagnes d’affichage qui fleurissent est assez extravagant (vœux, impôts, sécurité....), il y a aussi le luxueux, copieux et  magazine de qualité de la ville, « Soleil », dévoué à la promotion de l’équipe municipale en place. Et surtout comment comptabiliser la part de la Com dans des services comme la Culture, la Sécurité, la Santé, le Social, le Tourisme ? Une opération certes complexe mais possible si l'on en a le désir. Elle permettrait davantage de visibilité et rendrait possible de salutaires comparaisons entre entités publiques...  Il peut en effet s’avérer frustrant d’avoir dans ce domaine autant de difficultés à avoir des chiffres, d’autant que la ville du Festival et des Congrès est dirigée par un maire qui fut le PDG d’une des plus grandes entreprises publicitaires au monde... Le résident Cannois aura néanmoins à sa disposition un énorme Camembert pour comprendre « à quoi servent 100 euros de ses impôts ». S’il n’y est pas fait mention de cette omniprésente (pour ceux capables de lire entre les lignes) Communication, il pourra visualiser la part Culture, événementiel, Sport et jeunesse, Sécurité, Action économique, Enseignement, formation... 

Sans davantage d’informations, Cannes aurait-elle pu répondre à l’enquête du Figaro et se positionner parmi d’autres villes du même acabit, ou, comme Boulogne-Billancourt, Amiens et Le Havre, jouer la... discrétion ? Si j’en crois la directrice du service de presse de la mairie qui gère la Com, la cause est entendue : « la ville de Cannes ne communique pas sur les budgets de ses service ! » Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ! Transparence quand tu nous tiens...