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Puisque vous n’allez pas vers la « mobilité »,

la mobilité vient à vous !

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L'autre jour, le Tour de France des véhicules électriques faisait escale à Sophia-Antipolis, la métropole azuréenne dédiée aux nouvelles technologies. Avant tout dans le but de convaincre les responsables d’entreprise et les collectivités locales de s’engager dans la... voie de la mobilité électrique.


- pas besoin d'aller sur la lune pour se convaincre de l'utilité des voitures électriques... photo NASA -

En cette période de crise, il n’est pas facile de persuader les décideurs d’investir dans les véhicules électriques. Il faut en effet de sérieux arguments pour débrider les portefeuilles et remporter les marchés sur un créneau comme celui-là. Bel effort en tout cas et présence studieuse des élus. Il y avait parmi eux des convaincus qui ont déjà fait la démarche et étaient venus pour témoigner ; et les autres, attentifs, prêts à se laisser convaincre du bon choix fait par leurs collègues...

Une table ronde sur « l’électromobilité » se déroula le matin aux Espaces Antipolis. Elle eut pour mission de présenter les avantages des achats groupés de véhicules électriques, de partager un certain nombre d´expériences dans les collectivités, laissant un temps – assez court - pour les débats. Principaux intervenants : Alain Borowski, Président de l´Union des Groupements d´Achats Publics, Joseph Beretta, Président de l´Avere-France, Alain Philip, maire adjoint de Nice, Joseph Beretta, président de l’Avere France (association de promotion de l’électromobilité), Raymond Llanes, délégué régional du groupe La Poste en PACA, Louis Nègre, sénateur maire de Cagnes-sur-mer et rapporteur du livre vert sur les infrastructures de recharges électriques, Hélène Renard, déléguée au développement durable Groupe La Poste PACA, Jean-Baptiste Boneu, responsable du développement de Greenovia, François Cincinelli, chef du département marketing produits de l’UGAP. et Philippe Mussi, Conseiller régional et adjoint au maire de Valbonne Antipolis.

Tous les participants avancèrent leurs arguments. Ainsi, l’on apprit que l’offre était là, que les véhicules existaient, du vélo à la moto, en passant par toute une gamme de véhicules utilitaires (engins de manutention, de voirie...). Véhicules de plus en plus sûrs, de plus en plus économiques, agréables à conduire, souples, silencieux, rapides au démarrage (si nécessaire), de plus en plus autonomes. L’autonomie étant bien sûr une des principales pierres d’achoppement, les nouvelles automobiles peuvent maintenant parcourir une petite centaine ou une grande centaine (affaire d’appréciation) de km entre deux recharges de batteries. Comme se plut à souligner Louis Nègre : qui fait plus de 100 km par jour pour se rendre à son travail ou pour circuler en ville dans le cadre de ses activités ? Reste que l’opération de recharger les batteries est encore contraignante et les bornes d’alimentation rares.

Autre souci, l’électricité. Ce fut au tour de Philippe Mussi de poser la question : quelle électricité, celle issue du nucléaire ? Faire fonctionner des milliers, voire à terme, des centaines de milliers de véhicules à l’électricité risque de poser problème. Des problèmes d’approvisionnement, surtout en période de pointe (hivers très froids, étés trop chauds...). Combien de nouvelles centrales faudra-t-il construire, insistait l’élu valbonnais pour répondre à la demande que nous allons créer ?

Il n’est pas facile, on le voit sur ce dossier, de trouver des alternatives au pétrole sans effets collatéraux indésirables. Faut-il suivre Jeremy Rifkin qui voit venir de façon inéducable la fin des énergies non renouvelables (l’uranium en fait partie) et prendre avec lui le chemin d’une « 3ème Révolution industrielle », construire un monde moins énergivore, plus local, quitte à remettre en question les types de sociétés dans lesquelles nous vivons ?

En attendant de répondre à ces questions existentielles (au-delà de l’espérance de vie de notre personne, se pose celle de l’humanité et de la planète Terre), on l’aura compris entre les lignes (à Haute Tension) : le principal ennemi du développement de l’électromobilité, outre les prix pratiqués, c’est l’électricité... Pas une raison pour baisser les bras. Où en est-on à ce propos de l’écomobilité ?

- l'exemple de cette station de recharge photovoltaïque, prouve que lé fée électrique peut prendre forme hors le nucléaire - photo Tamouss 2010 -