Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

Le Cannet prend le temps...

d’une intercommunalité désirée.

Crédits:
textes par
Catégorie Pays de Lérins

Á l’extrême ouest des Alpes-Maritimes le regroupement longtemps attendue de communes non encore encartées, ne devrait pas tarder à se faire. Après de nombreux petits pas de danse : un pas en avant un pas en arrière, le compte à rebours est enclenché. Des projets à 29 communes comme à 7, à 3 ou même à deux ont agité les chères têtes pensantes des municipalités concernées... Si, dans le bassin de vie cannoise, rien n’a abouti, malgré tous les avantages financiers à la clé, c’est avant tout pour des questions d’égo. Cannes ne voulait à aucun prix qu’une autre commune soit en position d’accéder à la présidence de l’intercommunalité, et de lui dictait ses volontés. Les choses ont changé surtout depuis la perspective de nouvelles décisions concernant le non-cumul des mandats électifs.

Les dates limites fixées par les textes de lois sont à échéance et les communes doivent ou rejoindre une entité existence ou créer la leur. Le dernier mot reviendra au préfet. C’est sur ce dernier point que l’autre jour, la député-maire de la ville du Cannet précisait sa position. À propos de la délibération prise par Cannes, Mandelieu, Mougins et Théoule-sur-mer de constituer avec Le Cannet une intercom à 5, Michèle Tabarot, sans se départir de son calme, argumentait. Il n’y avait, explique-t-elle, aucun besoin de cette délibération (à laquelle sa municipalité n’a pas participé) qui, en l’absence du feu vert préfectoral, n’aurait d’autre motivation que de faire pression sur les autorités.

Par trois fois, détaille-t-elle, le conseil municipal du Cannet s’est prononcé favorablement à l’intercommunalité, en 2000, 2004 et 2011. En 2000, il s’agissait de créer une intercommunalité avec Mandelieu et Cannes. Cette dernière ville n’a pas permis sa création en changeant d’avis au dernier moment. En 2004, il s’agissait avec Mandelieu et Mougins d’adhérer à Pôle Azur Provence (Grasse, La Roquette-sur-Saigne, Pégomas, Mouans-Sartoux et Auribeau-sur-Siagne). Sous l’action de Cannes encore, ce projet n’a pas pu être réalisé. Ces deux délibérations étaient antérieures à la réforme territoriale instaurée par la loi du 6 décembre 2010. Celle-ci prévoit dorénavant qu’un schéma départemental de coopération intercommunale soit instauré dans chaque département. Dans les Alpes-Maritimes, il a été entériné par un arrêté préfectoral le 27 décembre 2011. Il prévoit que les cinq communes soient regroupées avec Pôle Azur Provence, Terres de Siagne et Monts d’Azur, formant un périmètre à 27 communes. Le Préfet a demandé à ces communes de se prononcer et la municipalité cannettane y a adhéré le 1er août 2011. Il appartient maintenant au Préfet de prendre ce que l’on appelle un arrêté de périmètre et d’inviter les communes à se prononcer à nouveau sur un projet définitif. Le Préfet, et lui seul, peut conserver le périmètre à 27 ou bien le faire évoluer.

Michèle Tabarot posait alors la question : Pourquoi délibérer aujourd’hui sur un projet hypothétique alors que tout le monde sait que seule la délibération faite à la demande du Préfet aura une valeur juridique ? Pour elle, la réponse est simple. Les délibérations des quatre autres communes sont à la fois une opération de communication et un moyen de faire pression à la fois sur le Préfet et sur les autres communes. Elle rappelle aussi la position du Cannet, favorable à une intercommunalité et n’exclue pas l’hypothèse à cinq, comme étant à son sens, une étape intermédiaire possible.

La réunion de la Commission départementale de coopération intercommunale se tiendra ce lundi 10 décembre et décidera donc de la mise en place, au plus tard le 1er janvier 2014, de la Communauté d’agglomération des Pays de Lérins. À moins que le nouveau préfet, Christophe Mirmand, s’en tienne au schéma primitif à 29 communes. Parions pour le Lérina, santé !

Lire ici notre article sur la dé-fusonnisation au Quebec...