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UMP : le second souffle d’un parti

qui a tout perdu... ou presque.

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Désormais en minorité au Parlement, au Sénat, dans les Régions et les départements, ayant perdu Paris et le fauteuil doré de la Présidence de la République, l’UMP et avec elle la Droite, ont perdu élection après élection. Un bilan peu flatteur qui reflète l’évolution de notre société et les erreurs de stratégies qui se sont accumulées. Ne dit-on pas, de façon caricaturale certes, que la Droite française est la plus bête du monde !

Avec la volonté d’apporter de la transparence à la vie du parti, l’UMP s’est engagée dans un processus plus démocratique concernant l’élection de son président. Copiant en cela le PS, ce sont les militants (à jour de leur cotisation) qui éliront à l’occasion du Congrès du 18 novembre prochain leur président. Après les éliminatoires, restent en lice Jean-François Copé et François Fillon. Ils gèrent un exercice difficile, celui de s’affronter à fleuret moucheté, de façon à limiter au maximum les effets collatéraux indésirables et les tirs amis... Car un parti déjà affaibli par une série d’échecs n’a aucun intérêt à ajouter de la division à l’inquiétude et au désarroi des militants.

Ce qui n’empêche pas les partisans des candidats de défendre bec et ongle leur favori. À Cannes par exemple, cela a conduit à des situations ubuesques. Le député-maire Bernard Brochand est allé jusqu’à prendre un arrêté municipal interdisant l’accès de la permanence UMP au public. Une permanence qui ne répondait pas à ses critères. Il faut savoir qu’il existe une sévère rivalité entre les barons locaux. Celle-ci s’est manifestée à l’occasion de ces « primaires » par des choix bien entendu différents les conduisant à s’affronter de plus belle... 

Le compte à rebours a commencé et chacun apprécie la situation d’une façon parfois très... subjective. Pour les médias, c’est l’ancien premier ministre qui devrait l’emporter. Pour les fidèles de l’actuel secrétaire-général de l’UMP, rien ne serait joué. Ce ne sont, il est vrai, ni les journalistes politiques, ni les présumés sympathisants qui vont voter... Néanmoins, on peut être impressionné par la liste des personnalités UMP qui se sont officiellement prononcées en faveur de François Fillon. Celles qui préféreraient François Copé apparaissent moins nombreuses et moins médiatisées. Dans le microcosme politique cannois, Me Philippe Buerch, très actif au sein de la vie publique, donne ici son sentiment sur le débat télévisé qui a vu s’affronter les candidats :

 

- Philippe Buerch -

« Il est incontestable que Jean-François Copé a dominé de bout en bout l’émission de France 2. On l’a vu déterminé, engagé, pugnace, combatif. Bref, le Secrétaire Général de l’UMP a, sans nul doute, marqué des points lors de ce débat. Il est probable qu’il ait renversé la tendance. Nous avons besoin ensemble d’un leader d’opinion, innovant. Sa conception d’une UMP ouverte et décomplexée, tournée vers une action forte de l’opposition me paraît la plus adaptée pour prendre la direction d’un parti qui a besoin d’opérer sa propre révolution. Il sera bien temps le moment venu de choisir un présidentiable mais le temps n’est pas encore venu face à une UDI montante et, somme toute assez bien conduite par Jean-Louis Borloo. Nous avons besoin d’une droite qui n’a pas peur de s’assumer comme un grand parti de droite responsable mais aussi solidaire et humain, tourné vers les autres. C’est précisément ce que Jean-François Copé a toujours souhaité. Hier soir, il a été plus convaincant que son concurrent qui semblait marquer quelques hésitations, même si les qualités politiques de ce dernier sont indéniables. Jean-François Copé est aussi un homme de terrain exemplaire, voulant faire des permanences un lieu de convivialité et tournées vers une dimension citoyenne ! Enfin de l’énergie ! De l’audace et une passion pour la France et son redressement. ! »

Ces élections internes, quelque soit leur issue, modifiera, peu ou prou, la dynamique à l’intérieur de chaque structure de l’UMP. Ainsi dans les Alpes-Maritimes, la victoire de Fillon conforterait le leadership d’Éric Ciotti et de Christian Estrosi, celle de Copé donnerait du grain à moudre à Michèle Tabarot... avec en point de mire, les municipales et d’éventuelles élections législatives anticipées... à Cannes par exemple où les deux tendances rivales en compétition s’affronteraient avec plus ou moins de munitions, la problématique des investitures risquerait de faire des dégâts.