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Var : un grand raout autour des réalités économiques

réunit tous les acteurs du Golfe de Saint-Tropez.

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Les grands élus et les petits étaient là, les chefs d’entreprises, la CCI... On avait rarement vu autant de monde réuni pour réfléchir et proposer des éléments de solutions sur un tel ensemble de sujets. Sans doute parce que, aujourd’hui plus que jamais, il est essentiels de trouver des réponses pour progresser ou simplement garder la tête hors de l’eau.

Ce fut le président de la CCI du département du Var, Jacques Bianchi, qui ouvrit les débats après avoir dressé les contours d’un territoire bâti sur une réalité géographique, historique et... économique. Une proximité qui devrait être matérialisée par la mise en place d’une structure intercommunale. Il s’ensuivit de nombreuses interventions dont nous livrons ici une courte synthèse à partir du  travail de Bruno Paravey, conseiller territorial CCI Var pour le Golfe de Saint-Tropez.

- Jacques Bianchi, président de la CCI Var -

Une des préoccupations majeures concerne le désenclavement du Golfe de Saint-Tropez, une nécessité pour réguler la circulation et raccourcir les temps de transports dont pâtissent aussi bien les commerçants que les locaux et les visiteurs. Qui ne s’est pas trouvé en saison, pris dans la nasse entre Saint-Tropez et le Carrefour de la Foux, à respirer pendant de longues minutes les émanations délétères produits par les véhicules de ses voisins d’infortune. Quant à trouver des stationnements, rien de moins facile dans le landerneau tropézien... Un constat qui incite la CCI du Var à demander la réalisation rapide du contournement routier de Sainte-Maxime ainsi que la mise en place d’un système routier de transport collectif en site propre ; avec en parallèle un transport maritime à l’année, performant, permettant de transporter dans de bonnes conditions les actifs et en saison les touristes.

Sur l’intercommunalité, la CCI soutient le projet de communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez qui devrait être entériné en janvier 2013. Une intercommunalité qui existe dans les faits avec près d’une vingtaine de Sivu/Sivom qui ont des missions dédiées au nettoyage des plages, l’entretien et la gestion de la forêt, la collecte des déchets, l’aménagement et le transport scolaire, l’alimentation en eau potable, le tourisme... D’ailleurs le territoire du Golfe de Saint-Tropez fut le premier dans le Var à se doter d’un Schéma de Cohérence Territoriale (S.C.O.T.) approuvé définitivement en 2006.

Ajoutons à cela que les douze collectivités concernées partagent un bassin de vie cohérent au plan géographique, une économie tournée vers le tourisme, un environnement exceptionnel, une histoire et des traditions communes… et des difficultés similaires : une saisonnalité encore trop marquée, des difficultés d’accès et de circulation, la rareté des logements pour les actifs… Autant de problématiques communes qui doivent inciter toutes ces entités territoriales à partager aussi les... solutions. Ces dernières passent obligatoirement par la mutualisation des actions publiques, avec une fiscalité et des charges maîtrisées.

Le Golfe de Saint-Tropez compte 9 parcs et zones d’activités réparties dans 7 communes du territoire. Ces espaces d’activités rassemblent près de 650 entreprises sur une superficie totale d’environ 131 hectares, soit 30% de la superficie totale du Golfe de Saint-Tropez, cela laisse peu de marges au vue du coût du foncier, pour l’accueil de nouvelles entreprises. À l’exception des parcs d’activités les plus récents, ces espaces industriels très hétéroclites, demandent d’importants travaux de réhabilitation : accès, voirie, signalétique, réseaux informatiques, intégration paysagère… La CCI met son expertise à la disposition des communes souhaitant faire évoluer leur espace d’activités sur la voie de l’excellence environnementale et économique.

Plus de 300 entreprises varoises sont accompagnées dans des opérations leur permettant l’obtention au label « Qualité Tourisme » reconnu par l’État. Car il s’agit d’être le plus compétitif possible pour mieux se démarquer de pays concurrents comme la Tunisie, le Maroc, la Turquie… qui n’ont pas les mêmes contraintes économiques (coût du travail...). L’objectif de la CCI, avec le soutien du Conseil Général, est de valoriser l’offre touristique varoise et de l’accompagner par un suivi régulier de la qualité des prestations des entreprises. Sont concernées : l’hôtellerie, la restauration, les résidences de tourisme, l’hôtellerie de plein air, les agences immobilières spécialisées dans les locations touristiques.

Par ailleurs, un autre chantier à ouvrir dans le Golfe de Saint-Tropez est celui de l’événementiel. Ce qui fait aujourd’hui la force d’une station de tourisme, c’est son environnement (des plages, un site, un urbanisme de qualité, des animations pour les enfants) et son événementiel. Certaines communes du Golfe l’ont bien compris en proposant des animations non seulement en saison, mais en début et fin de saison. La CCI suggère d’étendre cette politique sur les mois de février, mars, octobre et novembre destiné à une clientèle adepte des court-séjours.

Le meilleur rapport qualité prix est un des points essentiels pour faire face à la concurrence. En effet, avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux, les consommateurs ont des outils de recherche et de comparaison et les moyens de communiquer entre eux des informations. À ce sujet, la couverture numérique apparaît ici comme insuffisante et disparate. Une étude relativement récente du Comité Régional du Tourisme PACA pointait le manque de compétitivité des prix au regard des prestations proposées, le coût de la vie dans notre région, un rapport qualité/prix inférieur à celui d’autres régions françaises, le rapport qualité/prix en France étant lui-même considéré comme moins bon qu’à l’étranger.

Les entreprises du tourisme ont donc tout intérêt à ajuster leurs prix au mieux, éviter les progressions tarifaires à deux chiffres d’une année sur l’autre, proposer un accueil et des prestations d’une qualité irréprochable. Cette constatation n’empêche pas la CCI de se féliciter de l’augmentation du nombre d’établissements classés 5* dans le Golfe de Saint-Tropez et de l’attribution de la distinction Palace en juin 2012 au Le Byblos, à la La Messardière et à La Réserve.

Cette réunion énergétique a brassé beaucoup d’idées, l’autocritique ne fut pas exclue du bilan. Du positif et des pistes à explorer qui nécessitent l’accord des parties concernées et, plus qu’une simple bonne volonté, celle de débloquer les dossiers chauds et de se mettre à table. Côté table, il faut le dire, les participants furent soignés aux petits oignons étoilés, reçus princièrement dans un des plus beaux établissements de la région tropézienne : la Villa Belrose...

  • Parmi les présents, on notait : le député Jean Michel Couve, les CG Françoise Dumont, Alain Spada, Bernard Roland, les maires de Gassin Yvon Zerbone, de Saint Tropez Jean Pierre Tuveri, de Grimaud Alain Benedetto, de Ramatuelle Roland Bruno, du Plan de la Tour Florence Lanliard, de Cogolin Jacques Sénéquier, de la Garde Freinet Jean-Jacques Courchet, le vice-président de l’Union Patronale du Var pour le Golfe de St Tropez Jean-Michel Abeille, le président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Jacques Montano et d’Agriculture Yann Morante, les présidents du Pôle Mer Bernard Sans, de Riviera Yachting Network Laurent Falaize, des associations de commerçants, le conseiller territorial de la CCI du Var Bruno Paravey, de nombreux chefs d’entreprises et de nombreux membres de l’assemblée et salariés de la Chambre de Commerce et d’industrie du Var...