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Les salariés doivent cotiser plus et plus longtemps pour une retraite en peau de chagrin...

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Catégorie Pieds dans le plat

Il y a des exceptions pour les étrangers sans revenus et ressources. Pour eux, pas besoin d’avoir cotisé ou travaillé en France.

Un collègue journaliste rencontré récemment nous confiait avant que débute le repas de presse où nous étions conviés, son amertume à la veille de compléter son dossier de retraite. D’après les calculs de l’organisme chargé de son dossier, il n’aurait droit pour tout bagage et solde de tout compte qu’à environ 750 € (soit sous le seuil de pauvreté établi à 953 €). Sans doute lui a-t-il manqué quelques trimestres (le métier de journaliste est assez aléatoire lorsqu’on n’est pas titulaire de son poste dans un grand quotidien ou périodique de renom). Sans doute est-il parti autour du monde dans ses jeunes années pour, comme Jack Kerouac, accumuler de l’expérience. Il peut se féliciter maintenant d’avoir bien vécu et d’être riche des paysages qu’il a vus, des gens qu’il a rencontré. Pour le reste de sa vie, cela parait à l’aune de ses confidences, plus problématique.

Cette aigreur, somme toute justifiée car qui se réjouit de vivre ou plutôt survivre avec aussi peu. Même si et malgré une rude concurrence dans un marché de l’emploi en souffrance, notre confrère pourra espérer décrocher quelques piges pour boucler le mois et quelques invitations de prestige qui lui feront oublier sa condition de triquard de service. Le chat sera maigre ! L’on comprend qu’après une quarantaine ou peu s’en faut, de bons et loyaux services auprès de la fée Information, cette personne se sente le dindon d’une farce… dont il n’a pas choisi la recette.

Comme pour mieux enfoncer le clou et rendre la punition plus dure, ne voilà pas que notre homme apprend qu’un membre de son entourage qui vient juste d’atteindre les 65 ans, va toucher une retraite d’un montant sensiblement égal à celui qu’il peut prétendre. Or celui-ci n’a jamais travaillé en France ni cotisé, de plus son partenaire étant dans la même situation (âge et absence de ressources connues), le montant passera à un peu plus de 1100 €. La venue de notre hôte, le directeur de l’établissement étoilé, mit un terme à la discussion.

Comme lui et comme beaucoup de Français, ce fut ces derniers mois avec beaucoup d’étonnements qu’ils apprirent qu’en effet cette France que la gauche dans son ensemble ne juge pas suffisamment généreuse avec l’argent public, cette France accusée de xénophobie envers les immigrés et les clandestins, de racisme aussi, était néanmoins capable de recevoir… dignement des étrangers sans ressources. La question qui ne peut manquer d’interpeller les quidams à qui on demande de payer toujours plus d’impôts, qu’ils soient directs ou pas, concerne le financement de ses aides qui soit dit en passant sont de véritables mesures incitatives à de nouveaux venus. Tout le monde connaît les difficultés qu’ont nos caisses de retraite à remplir leur mission. Tout le monde sait que la pyramide des âges (on vit plus longtemps) a été l’argument majeur de l’augmentation de la durée des cotisations.

Les petits futés qui se répandent sur le net et y propagent des rumeurs parfois folles, ont découvert le petit livre d’accueil distribué par nos services sociaux Vivre en France. Y sont décrits en détail la liste impressionnante des droits qu’ils possèdent dès qu’ils mettent les pieds dans l’hexagone : droit à l’école, droits à la santé, droit au logement, droit à la retraite…

Le dossier sur les retraites accordées aux étrangers – qui, selon Romain Bernard du Cri, composent pour environ un tiers des bénéficiaires du minimum vieillesse -, a été la goutte d’eau qui a poussé certains contribuables à réagir et à alerter les élus de la nation. Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes et Jean-Michel Ferrand, député du Vaucluse, ont été parmi les premiers à écouter ceux (96 000) qui ont signé une pétition demandant à ce que ce droit soit réservé aux personnes âgées de nationalité française ou ayant travaillées en France. Une proposition de loi a été déposée allant dans ce sens, 47 autres députés l’ont cosignée. Avec quelle chance qu’elle soit votée et mise en application. C’est une autre histoire !

En annexe, le texte officiel concernant les conditions pour toucher une retraite lorsqu’on n’a pas travaillé en France ou pas assez pour avoir des droits à la retraite :

  • Vous pouvez demander l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) (en 2008 : 7 537,29 € par an pour une personne seule ; 13 521,27 € par an pour un couple) si vous réunissez les trois conditions suivantes : vos ressources annuelles sont inférieures à un certain montant (en 2007 : 7 635,53 € pour une personne seule, 13 374,16 pour un couple marié) ; vous avez au moins 65 ans (ou au moins 60 ans si vous êtes inapte au travail) ; vous êtes autorisé à résider en France métropolitaine ou dans un département d’outre-mer. Vous devez vous adresser à la caisse d’assurance vieillesse auprès de laquelle vous avez des droits à retraite ou, si vous n’avez pas de droits à retraite, à votre mairie ou au centre communal d’action sociale compétent pour votre résidence.