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Devoirs de vacances : vérifier ses connaissances en matière de sécurité aux personnes...

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Les informations mises en ligne sur le site de la ville de Mougins constituent une base de données appréciable qui peut être consultée par tout un chacun.

Les vacances d’été ne sont pas finies pour tout le monde et pour ceux qui paressent et cherchent parfois quelque chose à faire, surtout si les aléas climatiques les privent de sorties, ils pourront par exemple, sous réserve d’un accès à Internet, vérifier leurs connaissances en matière de sécurité aux personnes et ainsi mieux protéger leur famille.

La municipalité mouginoise a mis en ligne sur son site Internet un document qui passe en revu tous les cas de figure ou presque. Le « Plan Familial de Mise en Sûreté » ou PFMS, recense les consignes qu’il convient de respecter pour augmenter ses chances de survie, pour soi et les siens et limiter au mieux les dégâts.

Des informations essentielles qui, même si l’on n’habite pas la commune de Mougins, peuvent être transposées pour d’autres lieux de loisir, d’habitation ou professionnel. Sont recensés, les principaux risques majeurs qui peuvent survenir : incendies, séismes, inondations, glissements de terrain, nuages radioactifs…

On peut s’étonner qu'à ce jour, seules 1 306 communes se soient données la peine d’adapter les consignes générales du Plan ORSEC à leur cas et à les communiquer à leurs résidents. Chaque ville a ses particularismes et ses spécificités. Les villes du littoral azuréen ne sont pas à l’abri d’un tsunami provoqué par un séisme en mer, d’un déversement intempestif de produits chimiques sur une voie routière, d’un incendie aux portes de la ville, de violents coups de mer, de petites tornades, de pluies diluviennes… Ainsi Mougins qui est traversée par l'A8 et la pénétrante. se trouve exposée aux risques liés au transport de matières dangereuses. La situation géographique de la commune, une des plus étendues des Alpes-Maritimes, l’expose aux mouvements de terrain, aux feux de forêt, aux inondations et aux séismes.

Certaines de ces consignes n’ont rien d’évident et vont à l’encontre de réflexes qui se manifestent dans des cas d’urgence. Ainsi, il est recommandé de ne pas aller chercher ses enfants s’ils sont à l’école alors que nous sommes inquiets pour eux ; de ne pas téléphoner pour ne pas encombrer le réseau qui doit rester libre pour les secours. Plus logique, ne pas prendre l’ascenseur, couper l’électricité, le gaz et l’eau. Quant au conseil de posséder une radio portative avec ses piles, il semble que cet objet soit de moins en moins utilisé. Un lecteur faisait à ce sujet une remarque judicieuse : pourquoi ne pas demander aux fabricants de téléphones portables d’installer un accès à une station FM qui donnerait des consignes en cas de catastrophe, quitte à rendre obligatoire cette fonction pour obtenir un label européen.

Autre conseil, celui de se préparer à évacuer d’urgence mais pas les mains vides. Il s’agit de constituer un kit de survie que l’on transportera avec soi. Il comprendra des éléments comme un sifflet, une lampe, une couverture de survie et un gilet fluorescent, un litre d’eau minimum par personne, des aliments énergétiques, un couteau multifonctions. Utiles pour la suite des évènements, les papiers d’identité, le téléphone portable et son chargeur, un appareil photo…

Ce « Plan Familial de Mise en Sûreté » est complété par des fiches à remplir qui permettent de faire le point et de vérifier ses connaissances. Une aide sérieuse et intelligente pour faire les bons choix le moment venu et commencer à mettre en place un certain nombre de mesure dans son environnement.

Manque peut-être des consignes concernant les risques spécifiques liés aux attentats et aux débordements constatés lors de manifestations (l’exemple de ces derniers jours en Grande Bretagne est édifiant) même si à priori, Mougins semble peu sujette à ce genre de risque. Autre absence notable, les mesures à prendre suite à un accident majeur d'une usine atomique. Que ce soit une installation nucléaire française (en principe parmi les plus sûres aux dires du gouvernement…) ou européenne, nulle commune ne serait alors à l'abri car la pollution atmosphérique ne connait pas les frontières. La démonstration a déjà était faite lors de l'explosion de la centrale de Tchernobyl : le nuage n'a pas demandé d'autorisation pour pénétrer chez nous et déposer ses cendres jusque dans le Mercantour, s'installant durablement dans le biotope. Le cas plus récent de la centrale atomique de Fukushima au Japon, en partie détruite par un tsunami en mars dernier, prouve que la pollution des eaux, du sol et de la mer peut avoir des conséquences désastreuses pour la santé et l'économie d'une vaste zone géographique… ceci pour au moins plusieurs décennies.

Alain Dartigues