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Côte d’Azur : des stations d’épuration des eaux pour une mer plus propre... plus saine.

Bonne nouvelle pour les baigneurs et les poissons dont beaucoup finissent dans nos assiettes.

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Le littoral azuréen était et jusqu’à un certain point l’est toujours, passablement en retard question traitement de ses eaux usées ainsi que ses eaux de ruissellement. D’autant plus inexcusable que cette région reçoit chaque année des millions de visiteurs qui constituent sa plus grande richesse. Visiteurs qui apprécient la Grande bleue et s’y baignent volontiers… Le maire de Nice de l’époque, Jacques Médecin avait été l’un des premiers à mener une politique volontariste. Il est à l’origine de la station Haliotis qui avait une bonne longueur d’avance et anticipait les besoins d’une métropole grandissante et grande productrice d’eaux usées. À l’ouest des Alpes-Maritimes, le retard prit pour cause d’incompatibilité d’humeur et d’ambitions politiques, mais c’est une autre histoire. Un retard toujours pas comblé bien qu’il soit sur la bonne voie de l’être.

Les baigneurs locaux qui fréquentent régulièrement les plages cannoises et mandelociennes et qui nagent les yeux ouverts derrière leur masque, peuvent néanmoins témoigner. La transparence de l’eau n’est plus ce qu’elle était, il y a seulement cinq ans. Les matins où l’on peut voir le fond à plusieurs mètres de fond comme avant sont devenus très rares. À qui la faute, au changement climatique ? Il a bon dos ! Aux milliers de bateaux de plaisances ( de 7 à 77 mètres) dont la civilité de leurs occupants n’est pas forcement au dessus de tout soupçon concernant les rejets à la mer des eaux usées et celles des toilettes ? Aux paquebots de croisières démesurément immenses qui occupent entre autres la Baie de Cannes, de La Napoule et de Théoule et dont on n’a aucune certitude qu’ils respectent à la lettre le cahier des charges et qu’ils ne se défassent, ni vu ni connu, de matières encombrantes plus ou moins réduites en purée ?

Il ne fait aucun doute que la réalisation d’usines de traitement des eaux est une des façons les plus sûres de limiter les dégâts et de rendre un peu plus saine une mer, nourricière sur bien des plans et qui n’en demandait pas tant… Et ce d’autant plus qu’elles sont et seront performantes car la qualité (façon de parler) de nos déchets véhiculés et présents dans l’eau a drastiquement augmenté. On y trouve des hormones, des métaux lourds, beaucoup de médicaments, j’en passe et des meilleurs ! Cela n’apparaît pas toujours dans les analyses qui sont faites régulièrement et qui permettent aux communes candidates de hisser ou non le Pavillon bleu, signe d’une bonne qualité des eaux de baignades. On reste malgré tout perplexe sur comment les prélèvements sont effectués, à quelle heure, à combien de mètres du rivage… ? Car, d’évidence, les résultats seront très différents à notre humble avis, si les mesures sont réalisées à 8 heures du matin plutôt qu’à 16 heures, à 5 mètres du rivage (là où la majorité des baigneurs et surtout les enfants barbotent) plutôt qu’à 200 mètres…

Pour en revenir à la métropole niçoise, son député-maire Christian Estrosi, était venu l’autre jour assister à la présentation de deux installations innovantes, qui appliquent un concept unique en France. Il était accompagné de Louis Nègre, sénateur-maire de Cagnes-sur-Mer, commune sur laquelle justement avait lieu la démonstration.

L’occasion donc de visiter l’actuelle station de Cagnes-sur-mer bien plus performante qu’à ses débuts en 1957 et qui sert maintenant un peu de cobaye pour la future station dont les travaux devraient débuter en 2013 et terminer en 2016. Celle-ci permettra de traiter les rejets de 125.000 équivalents-habitants. Ils incluront la création d’un réseau de transfert entre l’actuelle et la future station, la reconstruction de l’émissaire en mer, la création d’un bassin de rétention pour le temps de pluie et la création d’un traitement intégré des boues issues de l’épuration.

L’aération optimale des bassins permettant une meilleure qualité de rejet et une réduction des nuisances olfactives se fera grâce à l’injection d’oxygène liquide dernière avancée de la technologie en ce domaine. Autre particularité, l’installation de pilotes d’échangeurs thermiques qui permettront la récupération de la chaleur des eaux usées. Tout cela pour le coût de 80 M€…

  • la métropole Nice Côte d’Azur assure la gestion de 20 stations d’épuration et de près de 1100 km de réseau d’eaux usées, dont 280 km de réseau que l'on peut visiter. Elle consacre chaque année près de 15 M€ pour le renouvellement de ses réseaux. Le taux de renouvellement (c'est-à-dire le linéaire de canalisation renouvelé annuellement divisé par le linéaire total) est de 1,25%, ce qui situe la métropole niçoise au double de la moyenne nationale en la matière.