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France : la dette, version Hollande...

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Quelle leçon de bonne gestion publique peut donner le président du Conseil général de Corrèze ?

Dans le fouillis des informations qui nous assaillent, il y en a qui interpellent plus que d’autres. Par exemple cette dette publique française qui représenterait 85 % de la richesse brute produite en 2011. Cela laisse songeur. Comment en est-on arrivé là ? Comment croire que nos élus n’ont pas été avertis par les services compétents, pas alarmés par les informations qui leur ont été mis sous le nez, mandature après mandature, gouvernement après gouvernement ?

Le montant astronomique de cette dette nationale constituée de toutes celles contractées par l’ensemble des administrations est le signe d’un mode de vie, d’une philosophie qui s’est peu à peu imposée à nos administrations, aux chefs d’entreprises mais aussi aux particuliers. Il a fallu moins de 50 ans pour que « vivre à crédit » devienne un incontournable modus vivendi.

Au point que des gens respectables ont cru et croient toujours mais un peu moins, à la validité de ce système pourtant dénoncé lorsqu’il s’agit de particuliers incapables de rembourser leurs emprunts. Pour eux, pas de quartiers. Leurs biens sont saisis avec comme seule autre option celle d’annuler leurs dettes s’ils sont insolvables (on a vu que cette éventualité a cours aussi lorsqu’il s’agit de dettes d’État). Un des arguments favoris de nos responsables politiques est de mettre en perspective les capacités de remboursement en se basant sur le patrimoine de la collectivité concernée. C’est celui développé par le premier adjoint de Bernard Brochand, député-maire de Cannes lors de son premier mandat, André Gironne, expert-comptable dans le civil. Un raisonnement qui est d’ailleurs toujours d'actualité à Cannes et… ailleurs. Il peut ainsi amener la ville ou une autre collectivité territoriale, à vendre son patrimoine, essentiellement des biens immobiliers, mais pourquoi s’arrêter là, pourquoi ne pas céder des œuvres d’art ou des biens immatériels pour rembourser ses dettes ? Sauf que cette stratégie a ses limites : on ne peut vendre son patrimoine qu’une fois et pas toujours au meilleur prix, car, lorsqu’on le vend, c’est généralement en dernière extrémité…

La dette de la France s'élèverait donc aux environs de 1 650 milliards €. De petits malins ont calculé que chaque nouveau bébé naîtra ainsi avec une dette voisinant les 25 000 €. À cette dette d’État, il lui faudra ajouter les dettes contractées à titre individuel pour payer sa voiture, ses études, son frigo, sa machine à laver, son appartement, ses vacances au ski et à la mer, ses… obsèques. En avant toute !

Le candidat du PS, François Hollande, bien placé pour être le prochain président de la République, aurait-il une approche plus saine concernant ce dossier… capital ? Cela ne semble pas le cas. Le journaliste Jean-Patrick Grumberg a enquêté. Il a mis en évidence certains faits troublants et significatifs. La Corrèze dont François Hollande est président, détient le triste privilège d’être le département le plus endetté de France avec 1 164 € par habitant, soit trois fois plus que la moyenne nationale… Si le conseiller général a pris en cours de route, un département déjà endetté, il n’a fait depuis qu’augmenter l’importance de elle-ci. Par exemple en multipliant par 1,5 le nombre de fonctionnaires et en offrant 5 400 ordinateurs aux élèves de 5ème puis, 4000… Ipad aux 6èmes et à leurs professeurs. À ce rythme là, avec plus de 12 millions d’écoliers, de collégiens et de lycéens, le budget de l’Éducation nationale va exploser. Pas besoin d’y ajouter les salaires des 60 000 professeurs qu’il promet d’embaucher s’il est élu et, c'est sans compter les dépenses allouées aux Universités.

Clientélisme, quand tu nous tiens ! Vous allez me dire, le clientélisme - parent proche de demoiselle Démagogie - n’est pas l’apanage de la gauche et vous avez raison. Il n’y a pas de mystère, pour se faire élire par le peuple, il faut promettre et promettre encore. Une fois au pouvoir, on fait alors preuve de pragmatisme et on applique « le principe de réalité », parlant d’héritage qu'on ne peut refuser, de conjonctures défavorables, pour mieux justifier les incohérences des actions entreprises et des échecs accumulés en cours de route…

Alain Dartigues

P.S. : le calcul de la dette publique n’est pas simple et certains n’hésitent pas à dire qu’elle est volontairement et à tous les niveaux, sous estimée.

«Principal élément du passif du bilan des administrations publiques françaises (APU), elle regroupe les dettes que les administrations ont contractées auprès de prêteurs privés, français ou non, sous forme d’emprunts d'État. Ainsi, elle ne comprend pas les factures impayées et autres créances diverses, dont l'importance est bien moindre, mais qui sont aussi dans le passif comptable.

Elle ne tient pas compte par exemple des engagements hors bilan selon la norme comptable actuelle, qui sont reconnus dans d'autres systèmes comptables (tels que les IFRS - International financial reporting standards) et devraient représenter un montant important en valeur : cette catégorie inclut notamment les retraites non financées. Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique de décembre 2005, l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette publique compris entre 790 et 1 000 milliards €…»