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Brûler le Coran un 11 septembre, une bonne idée ou un coup de pub pour un pasteur en mal de fidèles ?

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Catégorie Pieds dans le plat

Les guerres de religion ont encore de beaux jours devant elle...

En Floride, le pasteur Terry Jones s’est fait, sans doute au risque de sa vie, un bon coup de pub pour son église. Il est vrai qu’avec seulement une cinquantaine de fidèles, il avait besoin de faire un buzz. En annonçant qu’il brûlerait le 11 septembre prochain, des exemplaires du Coran (recueil des textes les fondamentaux de l’Islam, d’après lui, la religion de tous les dangers), il a fait en quelques secondes le tour de la planète Internet et est devenu une star mondiale.

A-t-il raison pour autant de brûler le Coran ? Certainement pas. Les religions, à les regarder de prés, prêchent toutes la bonne parole, la tolérance et, plus ou moins, les dix commandements. Dans l’application, c’est autre chose. On voit des religieux inciter au meurtre et aux attentats-suicides, d’autres prêts à lapider les femmes adultères alors que les hommes sont autorisés à posséder plusieurs femmes… tandis qu’ailleurs des prêtres touchent les petits garçons et les petites filles… bien au-delà de ce que la bienséance autorise.

Cette annonce dont le caractère provocateur est sans équivoque, a provoqué un ras de marée de réactions, jusqu’aux sommets de l’administration américaine qui a peur pour ses soldats à l’étranger et ses ambassades. À juste raison car on a pu mesurer dans le passé les conséquences qu’a entraîné la publication de pamphlets et de simples dessins sur l’Islam… pour leurs auteurs mais aussi pour les pays qui les hébergeaient.

On peut remarquer aussi que, lorsque des drapeaux cinquante fois étoilés de l’Amérique, ou plus modestement le drapeau français, ont été brûlés en public devant les médias, cela ne donne pas lieu, de la part des populations ainsi… stigmatisées, à des réactions comparables. Tout juste si les services diplomatiques de ces pays en ligne de mire lèvent le petit doigt en signe de protestation… On peut pourtant voir dans ces manifestations qui, en soi, peuvent contenir des motifs légitimes ou du moins écoutables de critiques, l’expression de l’intolérance, de la plus violence la plus grave et la plus condamnable.

Pendant cette hésitation médiatique « brûlera, brûlera pas », les Américains s’interrogent sur l’opportunité de construire une mosquée aux pieds de Ground zéro. Barak Obama tergiverse, le maire de New-York, Michael Bloomberg, de confession juive, se dit favorable. Il n’est pas question de faire l’amalgame entre l’attentat des Tours jumelles et l’Islam, pas plus qu’en France et plus généralement en Europe, il est politiquement correct de rapprocher délinquance et nomadisme, violence dans les banlieues et immigration…

Sur l’île Saint Honorat, en face de Cannes, de son Palais des Festivals, de sa Croisette encombrée et de ses Palaces au service des princes arabes et des nouveaux riches russes, des moines prient et cultivent la vigne… Ces moines cisterciens sont les studieux descendants de ces guerriers qui défendirent le littoral azuréen contre les invasions des Maures. Vaste territoire dont ils possédèrent longtemps la plus grande partie et qu’ils géraient pour le compte de la religion d’État d’alors, le catholicisme. Le temps a passé et les invasions ne se perpétuent pas de la même façon. Rattrapés par l’actualité et révoltés de la manière dont les demandeurs d’asile et les Roms sont traités dans le pays des Droits de l’Homme, les moines de Saint Honorat avaient imaginé pouvoir accueillir un dizaine d’entre eux sur l’île qui leur appartient en bonne et due forme. Un peu affolés par l’écho que cette annonce impromptue avait suscité dans les médias, ils ont réfléchi, fait leur compte et aussi preuve… d’humilité, reconnaissant qu’ils n’étaient pas armés pour assumer cette situation, ni sur le plan logistique ni sur le plan humain. Le porte-parole de la communauté monastique, frère Marie Pâques, tint toutefois à préciser que cette dernière contribue au financement « d’associations œuvrant pour l'accueil des migrants ». CQFD, ce qu’il fallait dire !