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Alpes-Maritimes : La compétition entre Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé

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risque de modifier la donne dans le département.

Les amis d’hier seront-ils ceux de demain ? Il devint de plus en plus évident que la crispation entre un président dont on ne sait pas de façon certaine s’il tentera de se faire réélire et l’un des prétendants qui ne rêve que de lui succéder, a des conséquences sur la dynamique de l’UMP, aussi bien à Paris qu’en Province. Certes, tous sont encore dans le même camp mais écartelés entre les ambitions des présidentiels et leurs propres carrières politiques.

Dans les Alpes-Maritimes, Christian Estrosi est toujours l’homme lige de Sarkozy tandis que Michèle Tabarot a choisi un ostensible rapprochement avec Copé. Ce qui explique les changements… climatiques entre les personnalités fortes à l’Est et à l’Ouest du département. Il semble par exemple qu’il existe un froid entre le couple Estrosi-Ciotti et Michèle Tabarot, cela sans qu’on puisse dissocier son frère, Philippe. Chacun campe sur ses positions et attend patiemment que la situation se décante, tout en faisant le compte de ses alliés locaux et nationaux. Ce n’est pas encore la guerre car si à l’Est, on sait qui commande, à l’Ouest, on ne fait rien sans la député-maire du Cannet, par ailleurs présidente de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale… D’ailleurs, s’il n’y avait pas eu en travers de son chemin un autre tandem, celui de Brochand-Lisnard, elle serait le leader de cette moitié du département. Car autour d’elle et dans la perspective d’une grande intercommunalité à naître, la majorité des maires accepterait son autorité. Reste le secteur d’Antibes où règne sans partage son député-maire Jean Leonetti, ce qui pose la problématique : une grande intercommunalité allant du Nord au Sud pourrait-elle faire le contre-poids à celle de Nice (qui compte une bonne moitié de la population du département) sans intégrer Antibes et Sophia ?

Nous n’en sommes pas encore là. Il y aura pour éclaircir la situation, des élections législatives en 2012. Elles contribueront à faire le ménage des candidats ayant des chances de l’emporter aux municipales de 2014. La réalisation d’une intercommunalité ou le rattachement à des structures déjà constituées, ne pourra se faire avant.

Toujours sur l’Ouest, le refroidissement entre les uns et les autres modifie la donne. Bernard Brochand tient son bout. Il se représentera, a-t-il dit, aux législatives et aide son fils spirituel en politique, David Lisnard, à grimper dans la hiérarchie de l’UMP. Xavier Bertrand, le secrétaire général du parti, devrait lui donner un rôle à l’échelon national. Cela donnera-t-il lieu à un rapprochement entre le clan Brochand et le clan Estrosi au détriment du clan Tabarot ? On imagine à nouveau le dilemme des responsables UMP face aux demandes d’investiture venant de deux Conseillers généraux (l’un en étant vice-président), tous les deux siégeant au même conseil municipal, l’un dans la majorité, l’autre non… chacun d’eux présentant une liste aux prochaines élections, chaque liste comptant de nombreux membres de… l’UMP. Faudra-t-il sanctionner les dissidents et de quelles façon ?

L’organisation de primaires pourrait être une réponse logique à cette épineuse question… encore faut-il que chacun joue le jeu et que les responsables parisiens du mouvement acceptent le verdict local, ce qui est une autre histoire.

Jean-François Copé est en embuscade. On le sent prêt à se présenter aux plus hautes fonctions si d’aventure Nicolas renonçait à le faire. En attendant, il a offert à celui-ci ses services pour le soutenir dans sa campagne éventuelle mais probable aux présidentielles et postule en attendant que l’heure de l’ultime ambition sonne pour occuper à son tour la place de Xavier Bertrand à la tête de l’UMP, se gardant bien de demander celle de François Fillon

Dans la perspective qui reste malgré tout faible, de l’arrivée à la tête de l’État de JF Copé en… 2017, Michèle Tabarot devient du coup une personnalité ministrable. Elle peut aussi prétendre décrocher un portefeuille bien avant, surtout si JF Copé apporte un soutien décisif au chef de l’État dans la campagne pour les présidentielles de 2012… et l'impose dans une équipe gouvernementale.

Sur le secteur Cannes et environs, une alliance de fait entre le clan Brochand et le clan Estrosi augmenterait sensiblement les chances de David Lisnard à la mairie ed cannes. Mais, l’étiquette UMP n’est peut-être plus, par les temps qui courent, le sésame absolu. Preuve en est, Henri Leroy (Conseiller général sur Cannes Ouest et maire de Mandelieu - La Napoule) et Philippe Tabarot (Conseiller général sur Cannes Centre) qui ont su se distancier du parti, au bon moment, pour mieux garder les mains libres et gagner plusieurs de leurs rendez-vous électoraux.

Autre interrogation propre aux discutailleurs locaux : Bernard Brochand ira-t-il jusqu’à démissionner juste avant la fin de son mandat de maire pour donner un atout de plus à son poulain ou envisage-t-il de se représenter, laissant le temps au temps ?