Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

Santé : le lait n’est plus en odeur de sainteté…

Crédits:
textes par

des chercheurs établissent un lien entre sa consommation et le cancer de la prostate.

Dans le domaine de lieux communs, les choses évoluent, les choses changent. Hier, les épinards nous donnaient de la force, il fallait suivre le bœuf, croquer des pommes (UMP), manger 5 légumes et fruits par jour, boire du lait. Mais ce qui était vrai hier, au lendemain des restrictions imposées par les guerres, ne l’ait plus forcement aujourd’hui. Il faut éplucher la peau des pommes sur laquelle se concentrent les pesticides, les épinards ne contiennent pas tout le fer qu’on croyait (tout ça à cause d’une faute de frappe…), le bœuf est la viande la moins recommandée par le corps médical, le lait de vache n’est plus la panacée…

Alors qu’une grande campagne de sensibilisation sur la consommation de 3 produits laitiers par jour débutait en France, une nouvelle étude du Pr. Parviz Ghadirian de l’Université de Montréal et de sa collègue Sara Raimondi, de l'Institut européen du cancer situé en Italie, établissait une corrélation entre la consommation élevée de lait et l'augmentation du risque de déclarer un cancer de la prostate.

D’après ces chercheurs, si l'on consomme plus de 470 g par jour de produits laitiers, le risque d'être atteint d'un cancer de la prostate est deux fois plus grand qu'avec une consommation de l'ordre de 125 g. Mais, c’est surtout le lait en tant que tel qui pose le plus de problèmes, apparemment beaucoup moins les sous-produits (fromage, yogourt, crème).


- Meuh fait la vache ! Meuh fait le veau !

Ce n'est pas la première fois que le lait est incriminé dans le cancer de la prostate. La principale hypothèse met en cause le gras animal, qui pourrait accroître le niveau de testostérone et désactiver des gènes de suppression de tumeurs cancéreuses. Une autre explication porte sur le calcium, qui supprimerait un métabolite de la vitamine D, vitamine qui freine la croissance des cellules cancéreuses. Selon les professeurs Ghadirian et Raimondi, un mécanisme encore inconnu pourrait résulter d'une interaction entre certains composés du lait et d'autres produits alimentaires pour augmenter le risque de cancer.

La même étude a fait ressortir, pour la première fois, un effet protecteur des noix (riche en vitamine E, connue comme étant un puissant antioxydant) contre le cancer de la prostate. Ceux qui en consomment 90 g ou plus par mois réduisent le risque de plus de 50 % par rapport à ceux qui n'en mangent jamais. À compter de 30 g par jour, les légumes diminuent le risque de 60 % alors que les poissons et fruits de mer l’abaissent de près de 50 %. Selon d'autres études, le licopène, notamment présent dans les tomates, serait le principal antioxydant prévenant le cancer de la prostate.

Les recherches montréalaises vont à l’encontre des conseils données par le Service de Nutrition de l'Institut Pasteur de Lille, à l'origine du programme national nutrition santé (PNNS). Quant à l’Association d'entreprises du secteur laitier français, « Les Produits Laitiers », elle recommande précisément de manger trois produits laitiers (yaourts, lait, fromage…) par jour en expliquant que se sont les aliments les plus riches en calcium, sous une forme facilement assimilable par l'organisme.

De leur côté et depuis déjà plusieurs années, certains naturopathes déconseillent la consommation de laitages, en particulier du lait de vache. Ils dénoncent, entre autre, la façon donc est élevé le bétail (stabulation), la façon dont il est nourri (avec des farines trop souvent d’origine animale)… et soigné (trop d’hormones, trop d’antibiotiques et autres médicaments qui s'accumulent dans leur chair avant de faire de même dans la notre…) qui ont des effets pervers sur la santé. Ils constatent aussi un nombre de plus en plus grand d'allergies au lait et à la lactose.

Prudence donc, sachons raison gardée et, comme dans d’autres domaines, faisons preuve de modération quant à la quantité absorbée et de discernement !