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Nice : la révolution des cantines scolaires,

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une « re-municipalisation » improbable…

Qui aurait pu croire qu’une municipalité de droite en viendrait à municipaliser à nouveau un service public comme les cantines scolaires ? C’est ce qui est en passe d’arriver à Nice où le maire, Christian Estrosi, compte bien convaincre son conseil municipal d’abonder dans son sens et reprendre en régie la restauration collective de la ville. C’est en juin que l’on saura si sa démarche aboutit et si les géants, comme Sodexo, Sogeres ou encore Elior, habitués à rafler la mise, accepteront sans de fortes résistances, de s'en retourner, Gros-Jean comme devant…

En effet, jusqu’à présent, la tendance était de donner en délégation de service public ce genre de marché au secteur privé. Le plus généralement de grands groupes monolithiques mais surtout monopolistiques forts bien introduits dans les milieux… politiques et forts au courant des usages… Les municipalités réfractaires à cette privatisation étaient devenus rares, tant les sociétés susdites mais pas toutes sudistes, avaient su trouver des arguments imparables et quelque part incitateurs. Sans qu’il soit pour autant prouver que cette privatisation fusse préférable et supérieure à l’ancienne, que les enfants des cantines mangeassent mieux et plus sainement. Le taux de satisfaction, qui se mesure souvent à la quantité de nourriture qui finit dans les poubelles, s'est-il amélioré ? Il est bien difficile de répondre par l’affirmative car, régulièrement, parents et enfants émettent des réserves, sinon des doléances. En bref, les enfants de nos écoles mangent-ils mieux que lorsque les cantines étaient des cantines de proximité, gérées par les mairies et tenues par des fonctionnaires ?

Le marché des cantines scolaires de Nice, c’est plus de 20 000 repas par jour soit environ trois millions par an. L’enjeu est considérable. S’il échappe aux grands prestataires habituels, et retourne dans le service public, ce sera une première et peut-être un signal. À preuve du contraire, les mairies ne manquent pas de bras. Elles sont et devraient pouvoir, comme avant, retrouver dans ce domaine leur marque et leur savoir-faire. Ce retour en arrière pourrait faire tache et donner des idées.

D’autres services pourraient ainsi être repris en régie, comme l’eau potable, le nettoyage des rues, le ramassage des ordures ménagères effectué dans certaines communes du littoral par des entreprises privées, elles aussi, fortes au courant des usages… Quand au service des Pompes Funèbres qui furent longtemps un monopole assuré par les municipalités, il pourrait lui aussi leur revenir, ce qui le débarrasserait de son aspect mercantile. Comme le disait un journaliste du Grapouillot en 1966, ce commerce florissant organisé légalement autour de la mort, n’est pas le plus grand scandale de ce siècle mais il est certainement le plus odieux !