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De Monaco au Japon : un été sous le signe du soleil levant.

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« Kyoto-Tokyo, des Samouraïs aux Mangas »…


- Samouraï -

Pendant qu’en Chine, l’Exposition Universelle de Shanghai battra son plein, le Grimaldi Forum de Monaco s’intéressera à un autre géant asiatique : le Japon, poids lourd économique dont la culture surprend et captive toujours autant les occidentaux.

Dans l’empire du soleil levant, les paradoxes foisonnent et se côtoient étrangement. Les coutumes, souvent rigides et qui ne souffrent pas d’à peu près et de l’autre une société ultra moderne tournée vers un futur qu’elle contribue largement à influencer.

C’est en quelque sorte, le socle sur lequel sera bâti la prochaine exposition estivale du Grimaldi Forum. Du 14 juillet au 12 septembre, les visiteurs pourront cheminer de Kyoto à Tokyo en empruntant la route historique du Tōkaido, qui relie l’ancienne à la nouvelle capitale du Japon.

Kyoto que l’on découvre d’abord sous son aspect médiéval et dont les samouraïs, les moines et les lettrés sont à l’origine des plus beaux joyaux de la littérature japonaise. Lieu historique, le Tōkaidō reste l’axe de communication entre les deux pôles où bat le cœur du pays, avec à l’horizon la perspective emblématique du Mont Fuji qui n’a cessé d’inspirer au cours des siècles tous les créateurs.

Tokyo enfin. Celui de l’après-guerre, de 1950 à 1964, symbolisé par le cinéma japonais et ses réalisateurs mythiques que sont Mizoguchi ou Kurosawa puis, parallèlement, la reconstruction, prélude à l’émergence d’une grande architecture dominée par la personnalité de Kenzo Tange.

À partir de 1965, la révolution technologique entre en scène avec notamment l’apparition de la robotique, accompagnée du renouveau de la culture populaire, en particulier des mangas bien vite transposés en films d’animation. Enfin en 1995, le retour à l’écologie se manifeste dans l’intérêt porté à l’environnement et au design, consécutifs à la crise économique et au traumatisme lié au séisme qui va détruire Kōbe.

L’exposition s’achèvera en rendant hommage à l’art contemporain dans un pays où la scène culturelle a su apparemment réaliser la fusion des genres entre esthétique traditionnelle et omniprésence de la technologie, comme pour mieux jeter un pont entre passé et modernité.

Six cents pièces illustreront cette épopée historique, parmi lesquelles des œuvres de grande qualité, classées « biens culturels » et issues des collections des Musées nationaux de Tokyo et de Kyoto, ainsi que des prêts complémentaires provenant d’institutions occidentales : le Victoria & Albert Museum de Londres, le Musée Guimet de Paris, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, le Musée Stibbert de Florence, les Musées d’art oriental de Venise et de Turin, les Musées d’art asiatiques de Berlin et San Francisco, sans oublier nombre de collectionneurs privés.

Pour le Commissaire de l’Exposition, Jean-Paul Desroches, il s’agit là de relever un nouveau challenge : « Au-delà d’une lecture épurée de l’histoire en raison de la très grande variété des œuvres sélectionnées, cette exposition entend proposer un cheminement inédit à travers la culture japonaise, misant sur une écriture muséographique d’avant-garde puisque la véritable finalité consiste à montrer un Japon devenu l’un des acteurs essentiels de la modernité ».