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Jeux Olympiques : pas si Vancouver que ça !

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L’Or blanc tourne au gris sale…

- Les Rocheuses, terrain de jeux des Olympiades d'hiver © Romain Dartigues -

Les Canadiens avaient la volonté affichée de faire de ces Jeux Olympiques d’hiver, des jeux écologiquement responsables et respectueux de l'environnement. Ils avaient tout prévu ou presque. C’était sans compter les aléas du climat, un climat par définition capricieux, un climat qui se fout pas mal de nos exigences, de notre calendrier. Rien de nouveau sous le soleil et sous… la neige. Si l’on consulte les statistiques, on s’aperçoit vite que depuis qu’elles existent, il y a toujours eu des années sans et des années avec, que les prévisions météorologiques sur le long terme ont quelque chose d’aléatoire.


On ne peut nier que les Canadiens ont dans leur ensemble, c'est-à-dire de façon minoritaire (c’est déjà pas mal), une fibre écolo. Mais comment réussir à organiser une fête aussi grande que les Jeux Olympiques sans casser des œufs ? Apparemment, c’est chose quasi impossible. Des centaines de milliers de gens venus du monde entier, par avion qui, en l’espace de trois semaines, vont participer plus ou moins activement à cette grande messe des sports d’hiver, ne peuvent que laisser, outre des sous dans les tiroirs caisses, des traces durables de leur passage. Si l’on s’amuse par exemple à faire le bilan carbone, c’est purement et simplement catastrophique.

On attend bien sûr des retombées économiques et c’est la moindre des choses sachant que, comme toutes les autres éditions, elle aura un coût pour la collectivité. On parle de 4 milliards € dont 700 millions simplement pour assurer la sécurité (une somme qui a quintuplé depuis que le Canada a obtenu les Jeux). Les Canadiens n’ont pas faits en ce domaine dans la dentelle. Tout a et sera contrôlé et recontrôlé, les arrivées par air, mer, routes, passées au peigne fin.

Mais la facture et pas simplement écologique, risque de s’alourdir à cause d’une carence en matière première. La neige n’a pas été à un rendez-vous dont elle ignorait la date. Inquiets, les autorités canadiennes ont alors déployé leur savoir faire. Des norias de camions sont venues déverser sur les pistes de ski l’or blanc manquant, accompagnés par des hélicoptères, seuls capables d’atteindre certaines zones pentues.

En parlant de piste… écologique, les retransmissions télévisées, radiophoniques et l’utilisation intensive d’Internet, seraient somme toute de bons moyens pour limiter « la douloureuse ». À défaut de se « peler de froid », les compétitions vues devant son écran plat ou son ordinateur, nous montrent une multitude de détails techniques, quant à l’ambiance, rien n'empêche d’inviter des copains…

Si les chercheurs ne trouvent pas de solutions à la crise énergétique, et si les politiques ne s’attachent pas à les mettre en œuvre, il faudra bien se résoudre à voyager… sur place. L’industrie du tourisme d’affaires et les organisateurs de Salons sont en train de réviser leurs classiques et d’envisager la régionalisation de leurs manifestations. Ils ne peuvent que constater en effet, la baisse de la demande… Les patrons s’interrogent, faut-il aller au bout du monde pour discuter affaire (lire ici notre article) ? Pour rester régional et les pieds dans la neige, comment ne pas faire un petit clin d’œil au projet de Christian Estrosi d’organiser les J.O. d’hiver à Nice et dans les Alpes-Maritimes ? Au rythme capricieux des saisons, Auron, Valberg, Isola et La Colmiane, avaient au moins autant de chance d’avoir de la neige que Vancouver et Cypress Mountain… et cs jours-ci, La Croisette cannoise et la Promenade des Anglais… niçoise, auraient tout aussi bien pu recevoir les épreuves de de ski de fond.

Il pleut sur Vancouver, mais plus haut, il neige enfin. Les organisateurs respirent. Les Jeux Olympiques d’hiver aura bien lieu. C’est peut-être une des dernières fois où seront gaspiller autant d’énergie, une énergie pas toujours renouvelable, il faut malheureusement s’en convaincre.