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Alpes-Maritimes : le préfet tacle le président du Conseil régional

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à propos des dégradations commises sur plusieurs trains… à Nice.

Le préfet des Alpes-Maritimes, Francis Lamy, a demandé à ses services de faire part au public, par l’intermédiaire des médias, de « sa vive désapprobation quant à la mise en cause de l’État, alors que ce sont les vandales qu’il faut condamner. » Une mise en cause venue du président du Conseil régional, Michel Vauzelle en personne. Celui-ci avait déclaré que la SNCF et l’État avaient failli en n'assurant pas « le droit à la sûreté. »

S’agissant de la sécurité publique, dont l’État a la charge, le préfet rappelle que l’année 2009 a été marquée, une nouvelle fois, par une diminution significative de la délinquance dans les Alpes-Maritimes, et particulièrement à Nice où la délinquance de voie publique a baissé de près de 5%. Les actes de dégradations du matériel ferroviaire ont, pour leur part, fortement baissé en 2009.

Le préfet des Alpes-Maritimes en profile pour rappeler « qu’il appartient aux exploitants du réseau ferroviaire de sécuriser leurs sites de maintenance ferroviaire et aires où sont entreposés les trains. » Afin de faciliter la mise en place des moyens propres à sécuriser ces sites, les services de la préfecture ont missionné la police et la gendarmerie nationales pour apporter leur expertise en la matière. En attendant, les enquêteurs tentent d’exploiter au mieux les caméras de vidéosurveillance du secteur. Pas aussi facile à faire que dans les séries télévisées, d’autant que sur ce lieu et alentours, il n’y auraient que bien peu de cameras.

Sur fond de polémique sécuritaire, le sujet prend, alors que les élections régionales se profilent à l’horizon, une connotation très politique. Un président du CR qui s’évertue à chaque occasion de marquer des points et un appareil d’État qui ne veut pas se faire instrumentalisé, en tout cas pas par un élu de gauche… voilà un mélange détonnant !

Pour revenir sur « ce droit à la sûreté » évoqué par Michel Vauzelle, on notera qu’il s’agit ici de biens matériels (le montant des dégradations est tout de même chiffré à 500 000 €). Qu’en est-il à propos des atteintes aux personnes, aux délinquants qui s’en prennent aux gens ? Il semblait que pour la majorité régionale de Michel Vauzelle, l’État en faisait plutôt trop que pas assez ; qu’il y avait trop de contrôles, trop de cameras, trop de policiers, trop de cowboys qui courent après des voleurs au risque de les faire déraper sur le pavé… Il est vrai qu’il s’agit là non plus de sûreté mais de sécurité. Une nuance que beaucoup auront du mal à apprécier.