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Tourisme : un week-end à Lyon

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qui conjugue « Culture » et « Gastronomie ». Une association qui, là-bas, va de soi !

Les grandes balades au bout du monde sont passées de mode : pas écologiques, chères et de plus en plus risquées. La tendance est aux décisions tardives, à la proximité, aux séjours courts… aux week-ends. Les responsables du tourisme de Lyon misent sur ce nouveau créneau. Ils mettent en évidence la richesse du patrimoine et de la tradition gastronomique. Même si le climat n’est pas aussi ensoleillé que celui de la Côte d’Azur, il y a toujours quelque chose à faire dans la capitale des Gaules, chef-lieu du département du Rhône. C’est le message à faire passer.


- Jean-Louis dans sa Meunière…

Question bonne chère, le visiteur a le choix et il est relativement facile de faire le bon. Pour les « bouchons » qui offrent ce qu’il y a de plus représentatif du folklore lyonnais, une nourriture prisée par les travailleurs de la soie, les canuts, pour qui, « dans le cochon, tout est bon »…. Ils sont une bonne vingtaine à être estampillés par l’Association de Défense chargée de faire le tri (tél. 04 78 01 60 99). Pour notre part, il nous a semblé que le « La Meunière » et son patron, Jean-Louis, personnage haut en couleur, étaient bien représentatifs de l’offre locale.

Si l’on a le goût de l’exceptionnel, de la sophistication de bon aloi, les restaurants étoilés ne manquent pas. Saluons l’entreprise de Mathieu Viannay digne héritier de la Mère Brazier. Il en a conservé sa mythique poularde de Bresse en demi-deuil qui doit son nom à des lamelles de truffe glissées entre la peau et la chair de la volaille. Mais pour récupérer deux des trois étoiles Michelin, il a fait preuve de son savoir-faire habituel et son homard bleu, jus de carapaces, pommes de terre écrasées aux huîtres, en est la parfaite illustration.

- le homard étoilé de Mathieu Viannay -

Dans le domaine des Arts, là aussi, règne une abondance qui ne nuit pas. Les amateurs de vieilles pierres, d’un passé romain, moyenâgeux ou industriel, y trouveront leur compte. Quant aux passionnés d’Art Nouveau, ils sont cette année aux anges, la Xème Biennale vient d’ouvrir ses portes. D’après les statistiques, ils ont toujours été nombreux à venir s’interroger face à des œuvres volontairement interpellantes, les précédentes Biennales avaient accueilli jusqu’à 145 000 spectateurs.

Ouverte depuis le 16 septembre, la Biennale se poursuivra jusqu’au 3 janvier prochain sur les quatre sites réquisitionnés pour la juste cause : la Sucrière, le Musée d’Art contemporain, la Fondation Bullukian, l’Entrepôt Bichat.

La Xème Biennale de Lyon présente des artistes avant-gardistes dont l’approche est parfois malaisée pour un visiteur non initié à la nature même de cet exercice. Nous lui suggérons une visite guidée pour mieux entrer dans le jeu de devinettes que peut représenter ce face à face entre le voyant et le voyeur. Il devra comprendre qu’ici, tout est signifiant et que comme sur le divan d’un psychanalyste freudien, la libre association est encouragée. Chaque œuvre est là pour provoquer… des réactions, des pensées, des rébellions, des acquiescements. Il est bon de savoir aussi que ces artistes, reconnus comme tels, sont avant tout des chercheurs, des explorateurs de l’inconscient autant que du collectif, agitateurs du chaos qui règne dans nos âmes troublée et dans nos sociétés. Rares sont ceux qui vivent de leur art qui n’est pas du genre à décorer nos intérieurs, je veux dire notre chambre à coucher ou notre salle à manger, à moins que l’on ne pousse l’abstraction ou le conceptuel à parler de chambre à coucher… nos rêves et nos interrogations existentielles ou de notre salle à manger… nos obsessions ou nos couleuvres.

Ces artistes font souvent l’impasse sur la représentation habituelle, on est au-delà de l’abstrait et quand, au détour d’une œuvre vidéotesque, l’homme ou la femme apparaît, il n’est qu’un outil de réflexion sociale, toute beauté… extérieure exclue. La visite, surtout accompagné d’un « médiateur » intelligent et convaincu, est révélatrice, mais elle peut être aussi traumatisante ou castratrice et nous laisser démunis, comme au retour d’une psychothérapie sans filets.

L’éphémère trône ici, de façon définitive. Les signes s’accumulent à la recherche d’une signification arbitraire. « À Paris, quelqu’un m’a demandé si je parlais français » est une œuvre de Thierry Fontaine. La grille de Shilpa Gupta bute et… rebute sans espoir sur notre enfermement. Le Chinois de Lin Yilin, dont le poignet est relié à sa cheville par une menotte, cherche à bousculer nos certitudes et notre confiance dans les institutions policières. Agnès Varda, cette « vielle cinéaste et jeune plasticienne » installe ses « Cabanes » comme autant de cailloux pour guider notre cheminement… intérieur. Ils sont ainsi des dizaines et des dizaines, venus des quatre coins du globe, nous appeler, nous inviter à regarder le monde quotidien sous un autre angle. Opération délicate, ambitieuse, pour des esprits si sollicités par la téléréalité, par les infos grand…guignolesques et la peur de nous-même autant que de l’autre. N’en jetez plus la cour est pleine ! Nous n’en sortirons pas vivant, vous dis-je… à force de remettre en cause nos jugements… portefaix.

Ces artistes sont sans concession, on le perçoit bien, à côtoyer leurs œuvres qui existent grâce à de généreux mécènes et à une politique publique culottée qui mérite le respect. L’art a toujours été moderne à un moment ou à un autre, l’art est un perpétuel recommencement, l’art est une aventure dont nul ne connaît la fin.


- Latifa ECHAKHCH, Principe d'économie, 2006 Pains de sucre de 2kg importé du Maroc, installation au sol Courtesy de l'artiste et Galerie Kamel Mennour, Paris -


  • Quelle est l’œuvre et quel est son sens ? Les tétons dressés sont-ils des bougies ou des doigts d’honneur inquisiteurs ? Que doit éteindre cet extincteur, symbole d’un feu intérieur ? L’escalier métallique, vestige d’un passé industriel, débouche-t-il sur une issue ? Le fleuve est-il chargé d’épancher la soif de… comprendre ? Le tout est-il supérieur à chacun des éléments ? Chaque élément fait-il parti d’un tout ?

Autres atouts de Lyon : son Opéra à la programmation éclectique et à l’architecture liant le passé et le présent ; son aéroport Saint-Exupéry qui se rapproche des 8 millions de passagers par an ; le TGV qui met Paris et Marseille à 2 heures et Nice à quatre. La SNCF, étrange coïncidence, propose en ce moment 600 000 billets à prix réduits valables durant les… week-ends. Pour les déplacements intra muros, le bus, le tram, le métro ou, pour être au plus près de la rue, le vélo’v, le segway et le cyclopolitain à propulsion électrique. La Lyon City card, passeport touristique et culturel promet, elle, de voir plus tout en économisant plus !

Conclusion : un week-end à Lyon se révèle enrichissant, que ce soit par la densité d’un patrimoine historique que par la place faite à l’art contemporain dans le domaine de l’architecture, du design… Les nombreux Musées sont là pour le prouver et, cette année, la Biennale en remet une couche comme pour mieux asseoir et pérenniser le travail et l’engagement de l’Institut d’Art contemporain de Villeurbanne. Côté gastronomie, on ne peut pas se tromper, nous sommes bien dans la capitale mondiale de la gastronomie. Chaque quartier recèle de petites merveilles, des restaurants qui ont leurs habitués, gage de qualité. « Les Halles de Lyon Paul Bocuse » sont la vitrine de produits de qualité et d’un savoir-faire unique. On trouvera chez des cavistes comme Georges d’Antic Wine, des bouteilles rares venant de coteaux voisins du Lyonnais, des Côtes du Rhône, du Beaujolais, quelques unes à des prix très abordables. Elles n’ont pas séjourné dans des entrepôts de supermarchés et correspondent à ce que les vignerons ont de mieux à offrir. Ici, on ne triche pas sur la marchandise. On ne pourrait pas d’ailleurs, il y a trop de fins connaisseurs… C’est la fin justement de l’article qui j’espère vous laissera sur votre faim.