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Marseille : Jean Cocteau, un méditerranéen

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aux cimaises du Palais des Arts…

Jean Cocteau aurait eu 120 ans cette année. La Fondation Regards de Provence en profite pour rendre un hommage appuyé à cet homme qui prit à son compte l’héritage méditerranéen. De la Grèce à l’Espagne, de l’Italie à la Côte d’Azur, il en a saisi la substantifique mœlle, il en a assimilé les moindres… reflets et en a fait sa principale source d’inspiration, sa muse.

Preuve s’il fallait s’en assurer et s’en convaincre, la visite du Musée de Menton qui lui est dédié ferait l’affaire, à moins qu’on ait la chance de visiter la villa Santo-Sospiro à Saint-Jean-cap-Ferrat. Propriété de la famille Weisweiller, il y vécu plusieurs années et on peut y voir les traces de son passage, préservées religieusement par Francine Weisweiller. Lire ici notre article. De cette habitude, naîtra sans doute son goût pour la décoration. Il l’exercera sur les murs et la façade de la Chapelle des Pêcheurs à Villefranche-sur-Mer, puis sur ceux de la salle des mariages de la Mairie de Menton, et à Cap d’Ail, il décorera la scène du théâtre grec en plein air du Centre… Méditerranéen.

À Marseille, l’exposition « Jean Cocteau et la Méditerranée » présente près de 150 dessins, peintures, tapisseries, céramiques et bijoux du maître ainsi que des dessins, peintures et photographies sur l’artiste. Elle… reflète bien le côté touche à tout d’un artiste génial à qui tout réussissait. Au point qu’on ne sait plus par quel bout le prendre. Poète, romancier, dramaturge et cinéaste, Jean Cocteau n’a cessé de dessiner toute sa vie. Il écrivait : « Mes dessins sont de l’écriture dénouée et renouée autrement. »

« Il y a un profond méditerranéisme chez Cocteau, dont l’écriture est constamment ravivée au contact des mythes et légendes grecques », notait Christian Arthaud dans « La Côte d’Azur et les écrivains », et d’ajouter : « Pour ce grand manipulateur de signes, c’est l’évidence : la Côte d’Azur sera le lieu de sa métamorphose. »

De son côté, Cocteau notait : « La Méditerranée ne se contente pas d’être un spectacle. Il est probable que son sel et que son iode contiennent autre chose de fort mystérieux, puisque toutes les côtes qu’elle baigne forment une sorte de patrie et que les peuples qui habitent cette patrie composent une famille qui, même lorsque les apparences et le mur des langues le démentent, groupent une sorte de race, et je le répète, de famille. »

Complémentaire de l’exposition, l’ouvrage, intitulé « Jean Cocteau et la Méditerranée ». Conçu par la Fondation Regards de Provence, il retrace la vie de l’artiste, ses multiples sources d’inspiration. Les repères biographiques et évocations de ces séjours en Méditerranée sont signés par Michel Bépoix, les souvenirs de Cocteau à Marseille par Jean-Marie Magnan, ses années de céramistes sont racontés par Anne Madeline, et son attrait pour « les formules magiques » est relaté par Yves Gerbal. Ce livre, reproduit les 120 œuvres de l’exposition marseillaise. Prix public 35 €.

- tapisserie d'Aubusson, collection Stéphane Dermit, photo Jean Bernard.

 
  • Jean Cocteau et la Méditerranée - Palais des Arts, 1 place Carli, Marseille - du 1er octobre 2009 au 24 janvier 2010 - tous les jours de 10h à 18h - Tél. : 04 91 42 51 50 –