Politique : majorité et minorité sur le même schéma,

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élargir sa base…aussi loin qu’il est possible.

Tandis que Vincent Peillon veut construire « une nouvelle alliance majoritaire, des communistes au MoDem », Nicolas Sarkozy agrandit sine die la sienne, au grand dam de certains membres de sa propre majorité qui voient s’envoler un peu plus loin leur espoir de décrocher une place éligible sur une liste aux régionales ou plus près du trône… Car c’est de cela dont il est d’abord question : la carrière. Et de sortir les mouchoirs et d’essuyer des larmes de crocodile. Ces drôles s’inquiètent que l’UMP en soit venue à s’allier à des personnalités qui doivent essentiellement leur… carrière à François Mitterrand et aillent maintenant draguer du côté du père de famille nombreuse, Philippe De Villiers (qui, à l’aune de ses résultats électoraux, a bien baissé ses exigences et adouci ses critiques vis à vis de Nicolas Sarkozy et de l’Europe). Même les chasseurs sont prêts à faire le coup de fusil avec et pour l’UMP. Leur président, Frédéric Nihous de Chasse Pêche Nature et Traditions (plus écolo tu meurs), l’a avoué : il en a marre de rester aux abois, il veut se joindre à la meute… et siéger quelque part.

Dans les Alpes Maritimes, l’ancien président du Conseil Général, devenu secrétaire d’Etat puis Ministre, j’ai nommé Christian Estrosi, avait anticipé ce genre de rapprochement. N’avait-il pas proposé au président de la Fédération des chasseurs des Alpes Maritimes, Bernard Baudin, une belle place sur sa liste aux municipales de Nice ? Ne lui avait-il pas fait déjà la courte échelle, suffisamment en tout cas pour qu’il devienne Conseiller Régional ?

Un rapprochement susceptible de rallier les voix des nombreux chasseurs du haut pays dont les cartouchières dictent la ligne de mire de nombreuses petites communes rurales et montagnardes. Utiles pour les municipales, les cantonales, les régionales et même les européennes et allons-y donc, les présidentielles. Du gagnant gagnant !

Cette stratégie semble avoir bien marché dans les Alpes Maritimes mais il n’est pas sûr que dans d’autres régions la sauce prenne. Dans le sud-ouest par exemple, les chasseurs votent habituellement à gauche. Une tradition qui vient de loin. C’est la Révolution de 1789 qui, en faisant tomber les privilèges, (seuls les nobles étaient en droit de chasser), un certain 4 août, avait démocratisé cette pratique. Autre bug à prévoir : dans le Languedoc Roussillon, les responsables locaux du CPNT de l’Hérault ne veulent pas entendre parler de l’UMP ni du président de la République qui n’aurait pas tenu ses promesses électorales. Ils annoncent même que certains d’entre eux figureront sur la liste « divers gauche » de Georges Frêche aux régionales…

Il semble que le rassemblement tous azimuts promu par le chef de l’Etat touche à ses limites. Il a déjà été aussi loin qu’il est sans doute possible de le faire. Aller plus en avant risquerait de produire des effets pervers. En nourrissant la frustration des caciques de l’UMP et de ses candidats, impatients de jouer dans la cour des grands, il pourrait, d’une façon indirecte, redonner des couleurs au parti de l’éternel homme du centre providentiel, François Bayrou qui en a grand besoin…