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Grippe porcine : la fièvre entretient la polémique…

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Catégorie C'est notre santé

Jack-pot pour les industries pharmaceutiques. Les théoriciens du complot se régalent aussi…

Encore un dossier où il est difficile d’y voir clair, difficile de se faire une raison. Il y a les partisans du principe de précaution qui trouveraient normal qu’on vaccine toute la population ; il y a ceux qui doutent de la gravité de cette grippe qui pourrait se soigner comme toutes les autres et qui, d’après eux, n’entraînerait pas plus de décès.

La France semble se ranger dans le camp des prudents, prête à acheter et stoker 60 millions de doses d’antigrippal, le Tamiflu. Si tous les Etats s’engageaient dans la même direction – et pourquoi pas, après tout il s’agit de la santé de la population mondiale – cela représenterait plus de 6 milliards de doses… Plus qu’un pactole pour les industriels pharmaceutiques, ce serait une véritable manne… quasi inépuisable, car à la grippe aviaire succéderait à une grippe porcine, puis bovine et pourquoi pas chevaline… et comme ces vaccins n’ont qu’une durée de vie limitée…

Un des premiers à mettre les pieds dans le plat est un Français, Bernard Debré, l’honneur est sauf… Pour lui, « la grippe A n’est qu’une grippette ». Professeur d’urologie et député UMP de Paris, on ne l’entend déjà plus. Rappelé à l’ordre… des médecins ou de sa famille… politique ?

Last but not least, des médecins britanniques, recommandent maintenant de ne pas prescrire le Tamiflu aux enfants, « les effets indésirables l'emportant sur les bénéfices » et engagent les autorités sanitaires à reconsidérer leur politique vis-à-vis de la pandémie. Car pandémie il y a et les spécialistes ne peuvent que constater que c’est peut-être la première fois qu’un virus se répand à une telle vitesse et touche l’ensemble des habitants de la planète.

La polémique enfle et en elle-même est facteur de fièvre et de malaise, voire de nausées. Chacun y va de son commentaire, plus ou moins pertinent, plus ou moins autorisé. Celui que ne reproduisons ici ne manque pas d’arguments. À chacun de se positionner sur ce sujet de santé qui est devenu un sujet de société.

- Qui se cache derrière la grippe porcine ?

  • Deux millions de personnes meurent chaque année, victimes de la malaria. Une simple moustiquaire réduirait considérablement ce chiffre. Qui en parle dans les journaux ?
  • Deux autres millions d’enfants meurent de diarrhées qui auraient pu être soignées avec un sérum oral à 25 centimes. Qui en parle dans nos journaux ?
  • Rougeoles, pneumonies et plein d’autres maladies facilement guérissables avec des vaccins bon marché provoquent la mort de millions de personnes chaque année. On en parle dans nos journaux ?
  • Il a quelques années est apparue la fameuse grippe aviaire. Des torrents d’encre se sont déversés, l’alarme a été donnée dans le monde entier. Une épidémie, la plus dangereuse de toutes ! Cela a duré des mois et des mois. Pour combien de morts ? 250 en dix ans, soit 25 par an. La grippe commune fait beaucoup plus de morts chaque année, mais ces 25 morts font beaucoup plus de bruit.

- Y a-t-il un grand, gros et méchant coq derrière tout cela ?

  • Mon petit doigt me dit que les laboratoires Roche ont vendu des millions de doses de Tamiflu aux pays asiatiques. Pas qu’aux pays asiatiques d’ailleurs. Ce médicament a par exemple été acheté à 14 millions d’exemplaires par le gouvernement britannique, pour ne citer que celui-là. Avec la grippe aviaire, les deux grands laboratoires qui vendent des antiviraux ont engrangé des millions de bénéfices.
  • Mais bon les poulets, ça finit par lasser, passons donc au cochon. Voyons ce que dit Roche : « Nous sommes très préoccupés par cette épidémie. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en vente le miraculeux Tamiflu ». Et combien ça vaut du Tamiflu ? 50 dollars la boîte ! J’allais oublié, la société Gilead Sciences aux USA vient elle aussi de breveter son Tamiflu. Et qui en est l’actionnaire principal ? Donald Rumsfeld, le ministre de la Défense de George Bush, le grand artificier de la guerre en Irak.

Que cela ne nous empêche pas – ajoute l’auteur, A.Z., de cette diatribe - de prendre les précautions sanitaires nécessaires pour combattre ce nouveau virus. Comme lui, nous invitons les chercheurs à se pencher sur la découverte et la fabrication d’un nouveau vaccin. Un vaccin contre l’avidité de certaines entreprises et de leurs actionnaires, maladie récurrente qui ravage depuis de longues années nos sociétés…