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Européennes : le 2ème mai 68 de Cohn-Bendit,

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Le plus dur reste maintenant à faire.

La programmation du film Home était-elle due au hasard ? À la veille des élections européennes, elle a joué leur rôle et a très certainement poussé de nombreux électeurs indécis à voter écolo.

Connaissant l’habilité et le sens de la stratégie de Nicolas Sarkozy, cette projection du film de Yann Arthus-Bertrand tombait vraiment pile-poil… pour affaiblir le PS, objectif premier du chef de l’Etat. Objectif atteint. Le vote écolo lui fait-il pour autant peur ? À la vue du taux d’abstentionnistes qui frise les 60 %, le score est d’ailleurs à relativiser. Nicolas le sait bien qui va, à n’en pas douter « écoloniser » un peu plus son prochain gouvernement. Car il le sait aussi, chasser le… naturel et il revient au galop.

L’écologie politique vient historiquement de la gauche et y retournera. Dany le néo-vert n’a-t-il pas dès hier au soir, tendu la perche au PS en lui proposant de réfléchir à un rassemblement à gauche toute ! Lorsque les électeurs de droite, impressionnés à juste titre par le film Home, s’en rendront compte, il n’est pas sûr qu’ils persistent dans leur choix d’un soir. Et ça, Nicolas s’en doute. Après avoir réussi à diviser la gauche, à ratiboiser le PC et maintenant à laminer le PS à coup de ralliements et de pantouflages ministériels, il n’aura aucun mal à phagocyter l’Ecologie en s’en appropriant la thématique et l’argumentaire…

Cohn-Bendit boit du petit lait. Il tient sa revanche et rebondit après 41 ans d’un parcours en dents de scie. On l’a vu fatigué et quelque peu découragé en début de campagne. Le voilà tout ragaillardi, prêt à de nouvelles joutes, de nouveaux combats. Le plus dur lui reste à faire. Alliance ou pas alliance, récupération à droite ou à gauche, indépendance intransigeante ? La transformation de l’essai se fera-elle ou pas ?

Pendant ce temps, le Modem souffre et l’ex-Vert, Jean-Luc Benhamias de se mordre les doigts. Il a quitté un parti dont il était l’une des vedettes. Itou pour Corinne Lepage qui se demandait hier au soir dans quelle galère l’ami François l’avait conduite. Avec un Bayrou sentant le sol se dérober sous lui qui pète les plombs, l’avenir politique de ces deux citoyens parait bien compromis. Réfléchissent-ils déjà à se joindre au trio gagnant Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Jové Bové ? Réfléchissent-ils à prendre le train en marche et se rapprocher de Ségolène qui, sur ce loupé de Martine, va puiser de nouvelles forces et bien évidemment, se positionner comme l’unique alternative ? Mais François Bayrou vient de l’UDF et le Modem puise ses électeurs plutôt à droite de l’échiquier qu’à gauche. Alors, échec et mat ? Bien joué, Nicolas !