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Alpes-Maritimes : le Parc du Mercantour et la Fondation Prince Albert protègent la biodiversité.

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La réintroduction du Gypaète barbu est un signal fort de cette politique en faveur de l’environnement.

- Chantal Jouanno, le Prince Albert, Condamine et Vaulabelle

C’est dans le cadre de la Journée mondiale de l’Environnement que s’est déroulée la dernière séquence de cette opération commencée en 1993 dans le Parc national du Mercantour, en alternance avec le Parco Naturale Alpi Maritime.

Le gypaète barbu avait disparu du décor depuis bien longtemps, chassé par l’homme. Pourtant ce vautour à la voilure impressionnante - son envergure frôle les 3 mètres – joue un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire. Se nourrissant exclusivement de cadavres, il est aussi surnommé le « nettoyeur des alpages » et même le « casseur d’os » car il est capable de laisser tomber les os qu’il récupère sur des rochers pour en extraire la mœlle. Une technique gravée au plus profond de ses gènes, puisque les gypaètes élevés en captivité reproduisent ce comportement exceptionnel.

Le Gypaète barbu est une des 8 espèces d'oiseaux les plus menacés en Europe. Il en subsiste environ 110 couples dans les Pyrénées, dont une trentaine en France et 10 couples en Corse. Le fait que les quelques couples réintroduits se soient sédentarisés est un signe encourageant comme la naissance en milieu naturel d'un poussin de gypaète dans les Alpes du Sud. Une première depuis plus d’un siècle !

La Fondation Prince Albert II de Monaco, a participé financièrement au succès de ce projet de réintroduction ainsi que son suivi par balises Argos et GPS. Le prince en personne a participé à l’installation des pensionnaires dans leur milieu. Il était là l’autre jour dans le hameau de Vignols à huit kilomètres de la commune de Roubion. Un site qu’il connaît bien puisque la famille princière y possède une maison de village. Le prince a présenté à la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno, au préfet, Francis Lamy, aux autorités des deux parcs concernés et à la presse, Condamine et Vaulabelle. Deux beaux bébés encore incapables de voler mais déjà impressionnants et dénués d’agressivité. Ils furent portés à dos d’homme jusqu’à leur aire. Ils seront approvisionnés par leur soigneur, la nuit, pour ne pas les habituer à associer l’homme à la nourriture. Dès qu’ils se décideront à voler, elle leur sera posée à proximité jusqu’à leur totale autonomie. Un challenge pour eux, élevés en captivité et pour les 15 personnes de l’équipe chargée de les surveiller, 24 heures sur 24.


- approche de l'aire et installation dans la grotte des gypaètes sur leur plancher de bois -

Tout cela pompe les finances publiques, se plaignait le porte-parole varois du parti « Chasse-Pêche-Nature et Tradition », Yves Barthois. Le budget tournerait autour de 10 000 € par couple, en partie couverte par l’aide princière. Une bagatelle si l’on veut bien prendre en compte notre devoir de maintenir la biodiversité vis-à-vis des générations suivantes, une broutille si l’on s’amuse à comparer ce genre de dépense à la subvention de 200 000 € accordée par le Conseil général des Alpes Maritimes à l’équipe de rallye du journaliste de TF1, Jean-Pierre Pernault. Le soir même, Christian Estrosi avait invité tous les Niçois à voir gratuitement le film de Yann Arhus-Bertrand « Home »… En cette « Journée mondiale de l’environnement », s’il s’agit bien d’être cohérent, alors la balance ne penche pas en faveur du présentateur-rallyman… ni du parti des Chasseurs !


- le poste d'observation, situé en contrebas, à portée de jumelles…