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France : les retombées radioactives ne s’arrêtent pas à nos frontières,

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c’est une certitude. De plus, maintenant c’est officiel !

À l’occasion de la refonte de son site Internet « Radioactivité dans l’environnement », l’Institut de recherche et de sûreté nucléaire (IRSN) propose une série de fiches présentant les conséquences des retombées radioactives provoquées par les essais nucléaires atmosphériques menées par les grandes puissances (États-Unis, Union soviétique, Royaume-Uni, France, Chine) entre 1945 et 1980.

Selon l’IRSN, la plupart de ces explosions ont été réalisées dans l’hémisphère Nord, où se sont déposées 75% des retombées radioactives générées. La circulation des masses d’air a concentré les dépôts dans les régions tempérées, notamment dans la bande comprise entre le 40° et le 50° de latitude, où se trouve la France. Les régions à forte pluviométrie (montagne) ont été les plus touchées. Si l’activité des éléments à durée de vie courte - les plus largement émis - a aujourd’hui disparu, celle des éléments à durée de vie moyenne (30 ans) a été transférée à toutes les composantes de l’environnement (air, eau, sols), contaminant l’ensemble de la chaîne alimentaire. La génération la plus exposée aux retombées des essais atmosphériques est celle des enfants nés en 1961.

Entre 1945 et 1980, 2 400 essais nucléaires, dont 543 essais atmosphériques, ont été réalisés. À partir de 1961, les tirs souterrains remplacent progressivement les explosions aériennes. Le dernier tir atmosphérique a eu lieu en Chine le 18 octobre 1980. La France a développé à partir de 1961 un réseau de surveillance de la radioactivité dans l’environnement, constitutif aujourd’hui de l’IRSN. Elle a procédé à ses derniers essais nucléaires souterrains en Polynésie française en janvier 1996.

À ces retombées atomiques d’essais officiels, il faut ajouter bien sûr tous les incidents recensés… ou pas dont la catastrophe la plus connue et la plus proche de nous : Tchernobyl. Elle nous interpelle d’autant que les autorités françaises, pour ne pas affoler la population, ont préféré taire la vérité, quitte à provoquer, à retardement, une épidémie de cancers (de la thyroïde en particulier)…

L’Institut de recherche et de sûreté nucléaire dit enfin tout haut et de la plus officielle façon ce que pendant des décennies les écolos de service, aidés par les recherches et les mesures de Michèle Rivasi, disaient mais personne ne voulait les croire. Que n’a-t-on pas dit sur eux ! Il est temps de leur rendre hommage et de rendre à César ce qui appartient… à la fondatrice de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité).

Michèle Rivasi sera d’ailleurs tête de liste d’Europe-Ecologie dans la région Sud-Est aux élections européennes. Pour la députée de la Drôme de 1997 à 2002, adjointe au maire de Valence, « l’enjeu de ces élections, ce n’est pas de s’opposer à Sarkozy ou d’apporter son soutien à je ne sais qui ». Elle a simplement la volonté, dit-elle, « de mettre les questions environnementales au cœur des débats. Le rassemblement Europe-Ecologie, constitué autour des Verts, de Daniel Cohn-Bendit, de José Bové et des proches de Nicolas Hulot constitue bien une véritable opportunité ».

La décision de Nicolas Sarkozy de relancer le nucléaire va lui donner l’occasion de développer son argumentaire et de… tenter de prouver aux électeurs que les risques liés à cette technologie sont considérables. D’autant plus grands que nous sommes dans un pays hyper nucléarisé, que les problèmes des déchets sont bien loin d’être résolus. On peut aussi, sans craindre d’être exhaustif sur le sujet, ajouter les dangers liés au terrorisme - les usines thermonucléaires étant des cibles faciles – quant au choix de vendre clé en main des usines à des pays fragiles, il est pour le moins imprudent sinon irresponsable…

  • « Je le sais mais je n’y crois pas ! ». La formule me semble bien décrire la forme de stratégie actuelle qui nous gouverne.