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Le docteur Kouchner dans le « pot au noir » :

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Catégorie Pieds dans le plat

le ministre socialiste de Sarkozy aura du mal à justifier certaines… opérations.

Inconfortable de donner l’impression qu’on appuie sur la tête de quelqu’un qui se noie, mais que faire ? Qui aime bien châtie bien ! Il n’y a pas pire qu’un amoureux déçu. Et bien les Français risquent d’être déçus par Bernard Kouchner, cet homme à l’image impeccable, toujours bien classé au palmarès des personnalités les plus populaires de l’année.

C’est sans doute une des raisons qui l’ont fait choisir par Nicolas Sarkozy pour rentrer au gouvernement. Le président qui, aux dires de l’intéressé, lui conserverait « sa totale confiance ». Et puis, désavouer le bon docteur, c’est un peu se désavouer, c’est peut-être se trouver dans la situation de dire, comme Obama : je me suis planté ! Entre Péan et Kouchner, entre le journaliste et le ministre, le président a donc choisi ! Qui a dit que les politiques n’aiment pas les journalistes ?

À lire la presse pourtant, il ne fait aucun doute que les opérations de Bernard Kouchner posent problèmes. Les détails fournis sont difficilement réfutables. Il reste à les interpréter. Ainsi le magazine Challenge qui publie « la photo qui dément les propos de Kouchner », laisse à penser qu’il était bien parti prenante dans des sociétés dans lesquelles il disait n’être qu’un consultant. La visite du site Internet de ladite société apporte de l’eau au moulin de Pierre Péan, auteur de l’ouvrage « Le Monde selon K ». Elle confirme que le bon Bernard a bien réalisé des audits au Gabon, au Congo et au Niger. Et ce pour des sommes qui laissent rêveurs les petites mains de l’humanitaire et les smicards que nous sommes. Un million d’euros ici, un autre là, jusqu’à faire dire qu’un certain rapport avait été facturé 10 000 € la page. De quoi nous rappeler, les fautes d’orthographe en moins, le fameux rapport de Xavière Tiberi… Rien d’illégal, on veut bien le croire mais ce n’est pas là que le bât blesse, on l’a bien senti.

Car ici nous sommes en terres socialistes et l’homme qui avait vu les hommes et les loups, l’homme qui avait côtoyé François Mitterrand et son africain de fils, Jean-Christophe, est dépositaire d’un idéal, d’une morale et ses actes ont valeur de symbole. L’a-t-il oublié ? Alors Kouchner, autre bobo de la gauche, de cette gauche caviar qui ne fait pas ce qu’elle dit et qui reproche aux autres ses propres maux !

Bernard se défend, dénonce des calomnies. Il est vrai qu’il est souvent plus facile d’attaquer que de se défendre, plus facile d’être dans l’opposition que dans la majorité… Mais gare au procès en diffamation. Jusqu’ici, l’attaqué n’a pas contesté les faits mais leur interprétation. C’est, malheureusement pour lui, suffisant pour jeter le doute et l’opprobre sur un parcours qui se voulait exemplaire.