Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

Le Cannet : Jean-Louis Bruguière jugé

par un jury qui lui a attribué le Prix Vérité…

Crédits:
textes par

Rappelons que ce prix littéraire a la particularité de choisir ses lauréats parmi des spectateurs ou des acteurs d’évènements de notre temps et le plus souvent dramatiques. Le jury, composé principalement de journalistes, écrivains et reporters habitués à relater des faits d’actualité, capables d’apprécier le courtage et de s’émouvoir, n’ont guère hésiter pour… juger Jean-Louis Bruguière digne de recevoir le Prix Vérité 2009.


- Michèle Tabarot et les lauréats ; au centre, May Chidiac, lauréate 2008 -

C’est devant une assemblée de 600 personnes, la plupart fidèles des éditions précédentes, que Michèle Tabarot, député-maire du Cannet, a remis au juge Bruguière sa récompense. Un prix, complété par ceux attribués pour l’ensemble de son œuvre à Jean-Luc Chermann, attachant découvreur du virus du Sida et à Eric Fottorino pour son 9ème roman, hommage pudique à un père adoptif. Seule femme lauréate, la pianiste québécoise internationale Hélène Mercier Arnault, révélait un parcours sans fausse note…

Tout en avouant qu’il n’avait pas pu tout dire (le devoir de réserve n’est jamais complètement levé quand il s’agit de dossiers aussi brûlants), Jean-Louis Bruguière, magistrat depuis 1973, a évoqué quelques affaires. Le sous-titre de son livre : 30 ans contre le terrorisme, met en évidence les réseaux islamiques et le danger qu’ils représentent pour la paix dans la monde. Il a salué la coopération entre les différents services de renseignements et le système judiciaire à la française qui a permis de contenir sur notre territoire les risques d’attentats. Mais rien dans ce domaine n’est définitivement gagné. La menace est bien réelle car ceux qui n’ont aucun scrupule à envoyer des enfants commettre des attentats suicides, n’en auront aucun pour déclencher une guerre bactériologique ou faire usage de la bombe atomique. Le juge, a pu constater, en se rendant au Pakistan dans le cadre de ses fonctions, combien cette zone de non droit était une poudrière qui ne demandait qu’à s’enflammer…

  • « Ce que je n’ai pas pu dire », entretiens avec Jean-Marie Pontaut (rédacteur en chef à L’Express) éditeur Robert Laffont.

Tout le monde devrait connaître son histoire, celle de Jean-Claude Chermann, l’oublié du Nobel 2008. Le monde des chercheurs n’est pas un fleuve tranquille. Il y a des bagarres, des rivalités, des jalousies sur fond d’enjeu économique et de gros sous. Le travail du professeur Jean-Claude Chermann, a été récupéré de l’autre côté de l’Atlantique, jusqu’à occulter la… vérité. Ce livre vient la rétablir et surtout nous révéler un personnage hors norme, au combien respectable et attirant. Petit-fils d’immigré, payant ses études en faisant de petits boulots, il n’était pas destiné à être ce grand chercheur et…surtout trouveur. Son intervention lors du dîner débat, a permis de constater que, malgré les aléas de la vie, il restait positif, confiant, enthousiaste, persévérant… Une belle leçon pour d’autres immigrés ou fils d’immigré (il l’a clairement laissé entendre) qui ne saisissent pas les opportunités que leur offre la République française.

  • « Tout le monde doit connaître cette histoire », propos recueilli par Olivier Galzi, éditions Stock.

Autre personnage émouvant, Eric Fottorino. Son hommage à ce père adoptif qui avait choisi d’abréger sa vie, suite à un grave accident cérébral, ne peut laisser indifférent. Les problèmes existentiels sont clairement posés. Vivre ou ne pas vivre lorsqu’on est diminué. L’art de l’écrivain est mis ici au service du passage des non-dits à l’explicite. L’émotion est là qui nous étreint, avec une retenue qui en fait toute sa valeur.

  • « L'homme qui m'aimait tout bas », Gallimard.

Hélène Mercier Arnault est venue ensuite apporter une… touche féminine de toute beauté. Son « Au fil des notes » (Plon), dévoile l’univers des musiciens. Lui non plus n’est pas un long fleuve tranquille. La passion, l’obsession, la fatigue, sont des passages obligés. Jouer ou ne pas jouer, huit à dix heures par jour, depuis l’âge de 6 ans ? Autre question existentielle, autre choix ou non choix. À quel moment le choix des autre est-il devenu le sien ?

Sont restés sur le carreau, sans pour cela démérité, Daniel Cordier (Alias Caracalla, Gallimard), qui dresse sans concession le tableau des drames et des rivalités de la République des Catacombes, socle de la France libérée du joug allemand. Présent, Luc Ferry aurait dressé le constat d’une Éducation nationale qui a eu sa peau. Constat aussi d’une institution qui n’est pas capable de s’autocritiquer donc de s’autoréformer alors qu’elle capte un des budgets les plus important au monde par tête… bien pleine et espérons bien faite. Institution qui n’a jamais accepté des réformes venant de quel gouvernement que ce soit et qui ne veut de vanter d’avoir des résultats à la hauteur de cette manne financière… Y a-t-il des solutions à cette crise qui dure au moins depuis 1995, des solutions capables d’être enfin acceptées et mises en place par l’Éducation nationale ?

  • « Combattre l'illettrisme – avec le Conseil d’analyse de la société », aux éditions Stock.