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Développement durable : les mégots recyclés,

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Catégorie C'est notre santé

une histoire qui n’est pas Belge…

Tout est à priori recyclable, la maxime attribuée à Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » est toujours aussi valide. Il faut juste faire preuve d’un peu de bonne volonté et d’imagination. C’est apparemment les qualités que possède une jeune styliste chilienne.

Le journal belge « le Soir » reprenait ses jours-ci l’information :

« Sensible à la cause environnementale, Alexandra Guerrero a trouvé un moyen de recycler les mégots de cigarettes : elle les utilise pour faire des vêtements. Son projet est original : elle ramasse les mégots de cigarettes sur les trottoirs de sa ville pour les transformer en vêtements. Elle en récupère les filtres, les lave et les sèche. Elle obtient ainsi une matière première qu’elle utilise mêlée à d’autres, pour réaliser des vêtements. Ses créations sont ainsi composées pour 10% de filtres de cigarettes recyclés et pour 90% d’autres matières. Elle espère que l’idée va se développer dans le monde ».

Après tout, il ne faut pas désespérer, même les fumeurs de gitanes et de Havane ont leur place dans une société… écologique.

Bonne nouvelle donc, après les bouteilles d’eau en plastique, qui finissent sur notre dos, recyclées en chemises, écharpes ou bonnets polaires, voilà les filtres de nos mégots de cigarettes transformés de façon inattendue. De là à encourager les fumeurs à fumer encore plus, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Les compagnies de tabac ne se gêneront pas elles pour franchir ce Rubicon et nous faire croire que fumer est d’utilité publique.

Autre effet positif si d’aventure ce type de recyclage prenait de l’ampleur, il serait créateur d’emplois. Ramasseur de mégots. Et le travail ne manquerait pas. Il suffirait de se poster devant un bistrot ou, à l’heure de la pose tabac, devant n’importe quelle entrée de magasin ou de bureau pour récolter sans difficulté cette manne… C’est sur les plages publiques que ces nouveaux professionnels pourraient opérer sans contraintes leur job d’été. Le sable est en effet jonché de cadavres de cigarettes que les cribleuses municipales ne sont pas capables de débarrasser.

Bien que les cigarettes ne soient pas toutes munies de filtres, le réservoir de mégots semble inépuisable. Si l’on en croit les chiffres de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 45 milliards de cigarettes ont été vendues entre janvier et octobre 2008 ; la consommation annuelle tournant, bon an mal an, autour de 54 millions de cigarettes.

L'interdiction de fumer dans les lieux publics aura eu une incidence plus limitée qu’espérée, les Français fument toujours autant. Pour la quatrième année consécutive les ventes de tabac ont été stables. Un an après l'interdiction de fumer dans les bars et les restaurants, l'Office français de prévention du tabagisme constate que la loi n'a pas eu de répercussion significative sur le nombre de fumeurs actifs. Les seuls progrès semblent se cantonner dans le tabagisme passif en diminution. Nous sommes en effet nombreux à avoir noté que l’air est devenu plus respirable dans beaucoup de lieux publics, de bureaux, de commerces, qu’on ne rentre plus du bistrot ou du restaurant les vêtements imprégnés de nicotine et de goudron…

  • selon l'INSEE, le budget annuel d'un fumeur était de 1020 € en 2005…