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Europe : l’eau courante pas disponible pour tous…

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les conséquences sur la santé des populations rurales sont désastreuses…

C’est une information qui laisse pantois tous ceux qui profitent, sans trop attacher d’importance, de cette facilité : tourner le robinet et l’eau coule… aller aux toilettes et, en appuyant sur une petit bouton, l’eau vient chasser la petite et la grosse commission.

Les femmes qui s’étaient retrouvées en séminaire à Stockholm pour une « World Water Week » ne se sont pas gênées pour parler des problèmes sanitaires liés à l’eau. Elles ont ainsi attiré l’attention du public sur le fait que plus de 20 millions d’européens n’ont pas accès à l’eau courante… potable et/ou à des installations sanitaires de base. C’est le cas pour 40 % de la population en Roumanie.

La directrice de « Women in Europe for a Common Future », Sascha Gabizon, parlant des problèmes sanitaires liés à l’utilisation de l’eau et à sa difficulté d’en trouver raconte : J’ai visité une école où il y avait de nombreuses traces d’urines un peu partout. Les enfants préféraient déféquer dans les champs derrière l’école, plutôt que d’utiliser les latrines qui débordaient.

Pour Helmut Blœch de la Commission européenne, il est clair que ces graves lacunes peuvent affecter la « compétitivité et la productivité » d’un pays ou d’une région dans la mesure où ils sont un facteur de mauvaise santé. Cela est d’autant plus frustrant qu’il existe des solutions peu coûteuses pour améliorer par exemple l’efficacité des latrines.

Ce sont les derniers pays à être entrés dans l’Union européennes qui sont le plus à la traîne dans ce domaine. Les villes ont été les premières à bénéficier d’installations de traitements des eaux usées dignes de ce nom. Il s’agit maintenant d’en faire profiter les campagnes. Cela a un coût, chiffré à 600 € par habitation à multiplier par 20 millions… Mais, l’accès à des installations sanitaires efficaces ne doit-elle pas être un droit pour tous ?

Friedrich Barth du “European Water Partnership” constate avec amertume que la prise de conscience et la volonté politique sont faibles. Il ajoute, comme pour enfoncer le clou : les déchets, c’est quelque chose sans valeur, dont on veut se débarrasser. Et de relancer la piste du recyclage et de la… valorisation.

D’autres pays plus développés ont eux aussi de sérieux problèmes avec le traitement des eaux usées. Le système des égouts de Londres date du milieu des années 1800. Lors de grandes pluies, il déborde et les eaux usées sont rejetées dans la Tamise. Il y a deux ans, l’équipe de rameurs qui s’y entraînait en vue des JO de 2012, est tombée malade, ce qui a fini par alerter les autorités.

En France aussi, la situation est loin d’être parfaite. À Marseille, le réseau d'assainissement de la ville est sous-dimensionné. Au moindre orage les égouts débodent et toutes les plages sont fermées. Certaines communes du littoral méditerranéen (qui comptent parmi leurs visiteurs et leurs résidents, les plus grandes fortunes de la planète) rejettent directement dans la mer leurs eaux usées… À Cannes, la station d’épuration n’est plus aux normes depuis une dizaine d’années…

  • On serait surpris – si tant est qu’on soit sensible à la chose – d’apprendre que sur les 6, 5 milliards d’habitants que compte la planète, ce sont plus d’un milliard d’individus qui n’ont pas accès à un approvisionnement continu en eau potable, et près de 2,5 milliards d’individus qui ne disposent pas de services d’assainissement adapté (source : la Banque Mondiale).
  • Au Canada, 99 % des presque 30 millions d’habitants ont accès à l'eau potable et à des installations sanitaires adéquates ainsi que des prélèvements d'eau à des fins domestique, industrielle ou agricole. En Afrique, ils ne sont plus que 45 %… à en profiter. Si l’on prend les 82 millions que représentent les populations de l’Egypte, du Liban, du Maroc et de la Tunisie, le pourcentage tombe à 22…