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JO : la natation de Phelps,

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Catégorie Les paradoxales

un dauphin passe…

On s’y attendait, le surdoué de la natation, Michael Phelps, devait ramasser à Pékin le pactole, pas moins de 8 médailles d’or (combien de pays peuvent-ils se vanter d’en avoir autant en une olympiade ? pas la France en tout cas) agrémentées de quelques records du monde glanés au passage. Il l’avait annoncé, sans fanfaronnade, juste parce qu’il pensait que c’était faisable et il l’a fait. Sans chercher, en aucune façon, à vouloir minimiser son exploit, nous aimerions apporter quelques notes.

Il a dominé d’outrageuse manière certaines épreuves individuelles comme le 200 et le 400 m 4 nages, ainsi que le 200 nage libre. En papillon, sa suprématie a été contestée et, s’il gagne le 200 mètres avec 63 centièmes d’avance, arrivé deuxième aux 100 mètres, il touche avec force la plaque d’arrivée et, pour un centième de seconde, rafle la médaille d’or à son plus proche adversaire, le serbe Milorad Cavic . Cette séquence est absolument à voir, image par image, pour vérifier cette assertion…

Pour les 3 autres médailles d’or, Michael Phelps, n’est plus qu’un simple relayeur avec des équipiers qui comptent parmi les meilleurs nageurs de leur génération. Ensemble ils vont écraser le 4 x 200 crawl, beaucoup moins le 4 x 100 quatre nages, quant au 4 x 100 crawl, c’est le boulet Jason Lezak qui, pour 8 centièmes de seconde, leur évitent un seconde place. Une médaille d’argent qui aurait empêché Michael Phelps d’effacer de l’ardoise Mark Spitz et ses sept médailles d’or…

À quoi tout cela tient ? On le voit, à peu de chose, 8 centièmes ici, un centième là. « L’effet papillon » est un concept qui se vérifie encore… d’indubitable façon. Ne l’oublions pas, on gagne en relais grâce à ses coéquipiers. S’ils sont mauvais ou dopés, on ne gagnera pas, quelque soit ses propres qualités. On gagne aussi à cause de ses adversaires qui, ce jour là, sont un peu moins bon techniquement, physiquement ou moralement. Sans eux, point de récompenses, point de médias dithyrambiques pour saluer vos exploits, de parents pour pleurer, de fédérations et de clubs pour plastronner, de sponsors pour se frotter les mains… et de drapeaux pour flotter et porter haut les couleurs de son pays…

Merci donc aux membres du relais français du 4 fois 100 nage libre et surtout au dernier relayeur Alain Bernard qui ont permis à Michael Phelps… à leur corps défendant, de graver à tout jamais son nom dans l’histoire de l’olympisme.

Ces dernières lignes ayant été écrites au deuxième degré, qu'on me pardonne, un mot sur Manaudou. Petite fée des piscines hier, Laure, méconnaissable, fait peine à voir. Mais personne heureusement ne s’acharne sur elle. Pour une fois, on ne l’accuse que d’avoir été naïve, manipulée, emportée aussi par ses hormones… Nous restons quant à nous, persuadés qu’elle a été victime d’un complot… italien. Le piège s’est refermé sur elle, et l’a certainement privé d’une ou de deux médailles olympiques. Federica Pellegrini y a trouvé son compte et, si elle échoue sur 400 mètres nage libre ou Laure aurait pu assez facilement tirer son épingle du jeu, elle remporte de justesse le 200 mètres crawl avec une performance qui, à priori, était tout à fait accessible à Laure.

Un dernier mot à propos des combinaisons miracles et de la guerre des marques qu’elles ont déclenché. Jusque là, il ne fallait qu’un maillot de bain, une paire de lunettes, un crâne chauve ou un bonnet et, pour les hommes, un coup de rasoir sur leur généreuse pilosité avant de monter sur le plot de départ… De plus les combinaisons sont chères et leurs différences font doutés parfois les nageurs qui peuvent se sentir désavantagés s’ils n’ont pas la meilleure. Les spectateurs sont tentés, eux, de mettre l’avalanche des records sur le compte de ces tenues vestimentaires de haute technologie. Encore un fois c’est le marché, l’économie qui dictent leurs lois…

« Deux valent mieux qu’une », Federica, la belle transalpine, peut-être complice de Luca Marin (qui repart sans médaille), a avoué revêtir en course deux combinaisons, celle destinée à la compétition sur l’autre, réservée à l’entraînement. Elle évoque la peur de se trouver nue, si d’aventure elle craquait… Allez savoir pourquoi, ce n’est pas interdit. Les officiels de la fédération internationale n’avaient pas pensé à ce cas de figure… Difficile d’imaginer pourtant que ça ne change pas la ligne de flottaison, au bénéfice de la nageuse, recordwoman du monde !