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Alpes-Maritimes : à l’extrême ouest, le SCOT, une intercommunalité

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qui ne dit pas… encore son nom.

Pas encore une communauté de communes ou d’agglomération, le « Shéma de COhérence Territoriale » réuni à Grasse, en dessine les contours, celui de la… logique et de la raison.

L’Est du département a déjà fait sa révolution intercommunale. Nice a créé sa communauté d’agglomération, la CANCA, présidée par Christian Estrosi. Composée de 24 communes, elle regroupe à elle seule presque la moitié de la population des Alpes Maritimes. Plus à l’ouest, la CASA, a rassemblé autour d’Antibes dont le maire Jean Leonetti en est le président, pas moins de 16 communes.

Sur le secteur le plus à l’ouest, malgré l’obligation de créer ce type de structure, on fait de la résistance. Les délais sont depuis longtemps dépassés et les services de l’Etat commencent à se crisper. Il faut s’entendre, martèlent-ils, et fédérer les communes qui restent sur le carreau de la réforme, perdant, à qui veut l’entendre, de précieux subsides. Le SCOT sera peut-être le déclencheur tant attendu, le seul capable de mettre les pendules à l’heure de la modernité.

La mésentente patente entre le député-maire de Cannes, Bernard Brochand et plusieurs de ses voisins (principalement Mandelieu et Le Cannet) a paralysé toutes les tentatives pour constituer une structure intercommunale. Il est vrai que Grasse, en initiant la sienne, Pole Azur Provence, a brûlé la politesse à Cannes, la forçant à prendre en compte ce qui avait déjà été construit. La structure existe, elle fonctionne plutôt bien, elle a un président, Jean Pierre Leleux, un siège social, Grasse, une administration qui lui est propre…

Ne voulant pas céder, chacun est jusqu’à présent resté sur ses positions et les deux ballons d’essais pour zapper Cannes ont échoué… deux fois… à une voix près… celle de la petite commune de la Roquette sur Siagne (sous la municipalité de Victor Daon, UMP non réélu) qui a longtemps hésité à rejoindre le clan des alliés de Cannes opposés à une extension de Pôle Azur Provence.

À regarder le plan de cohérence dévoilé à l’occasion de la première réunion du SCOT, on se prend à rêver à une Intercommunalité qui reprendrait le même périmètre. Partant de Théoule sur mer, elle remonterait au Nord jusqu’à Amirat, englobant ainsi la 8ème et la 9ème circonscription. Il est facile de comprendre qu’elle représenterait une force de frappe, de proposition, une force politique tout court, capable de peser dans la vie du département. Cela représente évidemment, un enjeu, d’autant plus important que l’existence même des Conseils généraux est sur la sellette. L’Etat, à juste raison, s’interroge sur cette accumulation de structures dont parfois les attributions se chevauchent et qui coûtent cher, très cher aux contribuables. La France est encore une fois championne du monde… championne du monde des structures administratives.

En attendant, le SCOT vit. Il a pour objet d’élaborer, d’approuver, de suivre et de réviser le schéma de cohérence de ce territoire qui comporte 16 communes et qui concerne environ 230 000 habitants. Jean Pierre Leleux a été élu président. On retrouve parmi les vice-présidents David Lisnard, l’homme lige de Bernard Brochand, l’homme aussi des multiples casquettes qui semble convaincu qu’il est temps de tourner la page et de dépasser les querelles stériles. Le fait de n’avoir pas réclamé la présidence est sans doute un signe qui va dans ce sens… le bon sens, le sens le plus… COhérent.