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Les assemblées territoriales : souffle le vent de la réforme.

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Balladur et Sarkozy veulent dégraisser les mammouths…

Il y a en France trop de structures territoriales, le gouvernement en est convaincu et il n’est pas le seul. L’Europe regarde, étonnée de nos structures pléthoriques dont les domaines de compétences se superposent trop souvent. Au rayon des communes, nous sommes les détenteurs du record européen : 36 000. Puis viennent maintenant les intercommunalités chacune avec son siège social, son personnel, son propre budget ; autres states à comptabiliser, les départements et les régions.

Nous l’avions compris, il faut simplifier, élaguer pour, au passage, réaliser des économies d’échelle qui, logiquement, devraient suivre. Et quelle branche faut-il couper ? Pas la commune, structure à laquelle les Français sont très attachés, pas les intercommunalités, élément rapporté en dernier. Ams tram gram, pic et pic et colégram… ne reste plus que les départements et les régions : Bour et bour et ratatam, Ams Tram Gram

C’est la logique qui devrait primer. Certaines intercommunalités comme dans le département des Alpes Maritimes rassemblent jusqu’à la moitié de leur population, ce qui correspond sensiblement au poids et au dessin d’une circonscription administrative. On le voit, il ne reste qu’une alternative, se séparer sans pleurnicheries des Conseils généraux. La messe semble dite malgré les atermoiements à prévoir et les susceptibilités qu’il faut impérativement ménager.

Tous les conseillers généraux sont attachés à leur mandat, acquis souvent de haute lutte. Ceux surtout qui font de la politique leur profession, n’ont pas envie de voir leurs revenus baissés ou pire, de faire grimper les chiffres du chômage… Quant à donner plus d’importance aux Régions qui sont presque dans leur totalité aux mains de l’opposition de gauche, c’est une autre affaire, politiquement dangereuse pour la majorité.

Les stratèges de l’UMP se sont donc penchés sur cette délicate opération. Ne pourraient-ils pas profiter de l’occasion pour remodeler régions et départements. Ce découpage électoral permettrait, cerise sur le gâteau, de modifier la donne au profil de la majorité gouvernementale… Cette réforme pourrait voir le jour ou tout du moins sortir des cartons, pardon des maroquins, dés le mois de mars ou d’avril.

Le sujet interpelle les élus et les candidats qui se pressent déjà au portillon, prêts à se battre pour figurer en position éligible sur la liste des régionales. Les places seront chères, d’autant plus chères que, si le projet de quasi fusion entre région et département prend définitivement forme et que les conseillers généraux y soient tous ou partie « recyclés », il y aura surabondance. Bien sûr, le nombre de conseillers régionaux augmentera mais ce ne sera pas suffisant pour satisfaire les… ambitions de chacun et de chacune.

Autre conséquence prévisible, la tentation pour des recalés de se faufiler dans des listes où l’on ne fait pas la queue. Ainsi le Nouveau Centre d'Hervé Morin pourrait en récupérer un bon nombre car si une alliance UMP-Nouveau Centre est une éventualité, elle semble peu probable vu, encore une fois, l’importance des enjeux et le nombre théorique de places disponibles. Même le MoDem de Bayrou pourrait à ce moment là devenir attractif et offrir une porte… d’entrée pour les laissés pour compte. Que ne ferait-on pas pour politiquement existé !