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Qui peut empêcher Obama de gagner

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l’élection présidentielle des États-Unis d’Amérique ?

Au Kenya, au Japon, en Inde, en France, s’il ne fait pas l’unanimité, il se promène en tête des les sondages. Le monde entier est en passe de le plébisciter. Est-ce suffisant pour qu’il l’emporte chez lui ? Une certaine fébrilité gagne les pronostiqueurs qui voient l’écart diminuer entre le candidat des démocrates et celui des républicains. Il est normal et prévisible que les scores se resserrent à mesure que l’échéance approche.

Tout au long de la campagne électorale, ni McCain ni Obama n'ont connu de crise… financière. Les dollars se sont multipliés comme des petits pains pour payer les frais de communication, transport, staffs, meetings. Ils sont à la démesure de ce continent, gigantesques, d’autant plus que c’est ci, dans ce pays que se concentre… encore la fortune du monde. Les grandes multinationales y ont… encore leur quartier, Wall Street pèse… encore de son poids sur les économies de maints et maints pays, les lobbys de Washington sont… encore tout puissants. Pour parler dollars, Obama en aurait récolté plus de 600 millions, nettement moins pour McCain. Une belle envolée inflationniste quand on sait qu’aux dernières présidentielles, Bush et Kerry ensemble, en avaient glanés 650… Le dernier spot télévisé - une demi-heure sans pub - du candidat démocrate a coûté la bagatelle d’un million de dollars…

Le choix des colistiers aura-t-il un rôle déterminant dans le choix des électeurs ? Sans doute peu ou prou. Dommage, car la perspective d’une Sarah Palin en situation de remplacer au pied levé un McCain cloué par un accident cardiaque ou pire, n’est guère réjouissante. Un bon point quand même pour Sarah Palin. Piégée par deux humoristes québécois (Gérard Dahan a fait des émules), elle a au moins prouvé qu’elle n’était pas aussi nunuche qu’on le disait et qu’elle avait des connaissances en géopolitique. Il semble que personne ne le lui ai soufflé : Nicolas Sarkozy est bien le président de la France et des Français… Ouf, on respire !

Du côté démocrate, le problème est bien différent. Joseph Biden, sénateur du Delaware, est connu pour son franc parler et la longueur de ses interventions. Il a été laissé le plus possible de côté par le staff de campagne, inquiet de toujours possibles dérapages. On connaît ses positions assez tranchées sur des sujets très sensibles. Ainsi, il est favorable au droit à l'avortement mais hostile à son financement public. Opposé au mariage des homosexuels il est partisan à l’application d’une forme de PACS à l'américaine. Il accepte la peine de mort mais en même temps il souhaite un contrôle… modéré de la vente des armes à feu. Il a soutenu en 2007, la légalisation massive des immigrés clandestins proposé par le président Bush sous certaines conditions, notamment l'apprentissage obligatoire de l'anglais (tiens, tiens, c’est une idée à retenir…). On le voit, des sujets qui fâchent et qu’il faut éviter d’aborder de front…

En situation de devenir président, si d’aventure (ce que nous ne souhaitons pas), un Obama élu venait à connaître le même sort que John ou Bobby Kennedy, il pourrait assumer avec crédibilité la charge suprême.

Au final c’est Amérique profonde qui aura le dernier mot. Mais qu’est-elle devenue, qui la compose maintenant ? Les minorités ne sont plus minoritaires, toutes ensembles elles forment un terrain propice à une alternance. Une voix étant une voix, la balance peut en effet pencher en faveur de celui qui les représente le mieux. Suivez mon regard, ce ne peut être que Barack Obama.

Qui disait que cette élection n’allait pas être plombée par le problème de la couleur ? De récents reportages illustrent cette évidence. De nombreux noirs et latinos voteront, sans état d’âme et certainement pas pour un républicain car même si certains sont républicains, ils n’avaient jamais eu un candidat les représentant aussi… clairement. On a vu le charismatique républicain, le général Colin Powells en personne, celui-là même qui fut chef d’état-major des armées et Secrétaire d'État dans le gouvernement Bush prendre le … parti d’Obama, et d’autres et d’autres. Du côté des démocrates, nombreux sont ceux – ils ne se sont pas cachés pour le dire - qui auraient voté pour Hillary mais pas pour « quelqu’un dont on ne sait pas d’où il vient… ».

  • lire ici notre article du 23 septembre dernier.