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ARMAN : ce Niçois transforma, avant les écologistes, les déchets en or…

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Catégorie Les Arts au soleil

Sa première femme Eliane Radigue vient de faire paraître une correspondance qui rend plus compréhensible son parcours.


- Arman au Bidonville - photo © Ferrero -

Arman est le type même de ces artistes contemporains qui déstabilisent le curieux, celui qui, hors le figuratif et le classique, a du mal à accepter les recherches et les errements des modernes. Ils sont nombreux ceux qui restent déroutés devant les accumulations de boîtes de Coca Cola dans un cube en plexiglas, les violons coupés en tranches.

Le livre de Christine Siméone, « Elianarman, Bye bye ma muse », vient à point nommer. Bâtit à partir de 20 années de correspondance avec Eliane Radigue, celle qui partagea longtemps son quotidien, ses doutes et ses fulgurances, elle lève une partie du voile et éclaire un peu mieux la vie de ce créateur inlassable et insatiable. Ces lettres, retrouvées après sa mort en octobre 2005, nous montre un Arman qui peut être drôle, poétique mais qui « enrage », prêt à tout casser, cherchant sa voie.

Les mots claquent. Pas de miel, du mordant pour tout, même pour l’amour. Elle compose, lui peint. Ils sont face à face et se renvoient sans cesse la balle. Elle est présente lorsqu’il pose les bases de son art mais fait preuve de scepticisme lorsqu’elle se retrouve « seule en face de cette stèle remplie de détritus ». Cela n’a pas l’air de l’enthousiasmer. « J’ai pensé que c’était une stèle funéraire représentant la mort de l’art. Nous avions des discussions intellectuelles infinies sur le chapitre. Il me disait, oui toi, c’est bien la métaphore ascendante. C’était son grand truc, bon c’était notre premier divorce intellectuel et c’était de mon fait »…

Mariée avec Armand Pierre Fernandez, en 1953 – ils auront trois enfants - Eliane Radigue divorcera bien plus tard. On peut comprendre qu’artiste elle-même, elle ait pu avoir besoin d’espace et d’indépendance… Comme chez la plupart des artistes, le ou la compagne, sa présence comme son absence, joue un rôle essentiel dans le processus créatif. Nul doute qu’Eliane a pleinement participé à la construction de cet artiste. Arman s’éteint à New York le 22 octobre 2005. Il laisse une œuvre d’une extrême modernité et d’une grande diversité : dessins peintures, sculptures, accumulations de toutes sortes, découpes, reliefs muraux, céramiques, fragmentations…

Arman est représenté dans tous les musées internationaux. Il a réalisé plus de 500 expositions personnelles dont 80 en musée. What else… to say ?

  • La Fondation A.R.M.A.N., Arman Research Media Art Network, a été créée en 2006. Elle a pour vocation de faire connaître au public et aux chercheurs son œuvre, son influence, sa vie et son univers. c'est elle qui a publié le livre de Christine Siméone, Elianarman, Bye bye ma muse.
  • à lire ici notre article, publié en novembre 2005.