Paris Côte d'Azur

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Cannes : le Palm Beach des belles années,

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Catégorie Pays de Lérins

« l’été, il fait toujours beau à Cannes »…

Voilà un slogan que ne renieraient ni Bernard Brochand, publicitor avéré, ni son adjoint au tourisme, qui règne sur les destinées du Palais des Festivals, David Lisnard. L’histoire dit que c’est Jean Robert Toutain, PDG du Palm Beach qui l’avait mis à la mode dans les années 60.


- photos en couverture du numéro 352,
du 15 août 1973 de Paris Côte d’Azur -


En ce temps là, le Palm Beach avait fière allure, pas seulement le casino mais la piscine de 50 mètres ou presque, son coin de gazon, ses matelas blancs où joueurs et vacanciers venaient bronzer. Sur la plage, les Tambay, Fauroux, Marguier, Illari et autres Nigoux s’y retrouvaient pour un volley. Le restaurant, autour du bassin, réunissait, le temps du déjeuner, tout ce joli monde. Grands joueurs qui s’étaient relayés jusqu’au lever du jour et y prenaient leur petit déjeuner, artistes qui, la veille, avaient animé les spectacles de la nuit, Pierre Rey dont le Palm Beach fut un succès de librairie et qui connaissait à fond le sujet…

A ces gloires, plus ou moins éphémères, se joignaient notables et commerçants cannois venus profiter de la situation exceptionnelle de ce lieu. Omniprésent, toujours un mot agréable pour chacun, Jean Robert Toutain, le PDG atypique, respecté comme rarement par ses employés, envié et jalousé par ses concurrents et par des politiciens qui virent en lui un candidat possible à la mairie de Cannes. Nous étions dans les années soixante…

Les soirées mondaines déplaçaient la jet set de l’époque qui se retrouvait sur la terrasse du Masque de Fer, lieu féerique face à l’île Sainte Marguerite et la ligne épurée de l’Esterel. Ambiance, champagne, classe… la suite logique d’une autre Belle époque, celle des années 30. Cette splendeur n’a jamais été égalée, pourquoi ? Erreurs de gestion, maladresses, mauvaise entente avec la municipalité, contentieux sur la propriété de certaines parcelles de terrains… la liste pourrait être fastidieuse et non exhaustive.

Les faits sont là, les temps ont changé, les modes avec lui qui bouleversent les habitudes au rythme syncopé et anesthésiant des basses jusqu’à en faire trembler les murs du fort et troublent jusqu’à la tranquillité des moines, sur l’île voisine de Saint Honorat… Quant aux dormeurs, ils choisiront entre les boules quiès, un bouleversement de leur mode de vie ou le déménagement. C’est à peu de choses prés ce qu’on leur propose lorsqu’ils se plaignent, même s’ils évoquent le fait qu’ils contribuent, par leurs impôts, aux finances de la ville…