Paris Côte d'Azur

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Des montagnes de la Kabylie et celles de Haute-Savoie :

pour des anciens soldats, une concordance de lieu liée à la guerre…

Les Pieds noirs. Nous les avons vus débarquer durant la fin des années cinquante et au début des années 60. Ils venaient d'Algérie. Certains avec un petit pécule qui leur permit d'ouvrir de petits commerces. D'autres avaient pour tout bagage une valise, les souvenirs de jours heureux et de jours de drames. La nuit, ils faisaient des cauchemars.

Ils nous firent découvrir des noms ensoleillés, des plats épicés. Ils nous parlaient avec l'accent et avec émotion de Bab El-Oued, de Kouba, d'Oran, de Constantine, d'Alger la Blanche – de ce blanc qui faisait référence à la lumière, pas à la couleur de la peau… La famille Hernandez nous fit rire et pleurer à la fois… Leurs enfants étaient nos camarades de classe… Pendant ce temps-là des Français étaient en Kabylie ou dans l'oranais et on comptait, des deux camps, les derniers morts.

Cinquante ans après, les blessures ne sont pas toutes refermées et, périodiquement, certains cherchent à les raviver. D'autres au contraire s'attachent à calmer les douleurs. Claude Grandjacques et ses frères sont de ceux-là. Ils étaient venus, soldats appelés par la France de leur Haute-Savoie natale. Ils avaient obéi aux ordres, défendu leur vie et ceux de leurs camarades. Un des frères, Alain, sergent chez les Chasseurs, fut tué au combat.

Pour ne pas laisser mourir les souvenirs, Claude Grandjacques a écrit et édité à compte d'auteur un livre émouvant : D’un combat à l’autre. "Des Miages aux djebels. Notre guerre d’Algérie. Alain, André, Bernard et Claude, 1956-1962".

Cet ouvrage est avant tout un témoignage qui se veut objectif. Il a comme unique ambition d'apporter une pierre de plus à l’édifice de la solidarité et de l’amitié entre les hommes, si possible des deux côtés de la Méditerranée.

Les dômes des Miages, le Mont Joly, les Contamines, la Haute-Savoie… Chamonix n'est pas loin. Dans la mémoire des Grandjacques, les montagnes de Kabylie, ne seront aussi jamais bien loin. Trop de pleurs, trop de morts pour l'oubli.

L'auteur a trouvé un moyen de transformer en espoir le récit d'une guerre perdue pour tout le monde. Ainsi, le produit de la vente de l'ouvrage dont il est question ici, est utilisée pour venir en aide à des handicapés comme ce petit Romain, victime d'une maladie génétique rare. Une maladie envoyée par un Dieu qui voudrait peut-être nous faire expier nos fautes et nous rappeler son cinquième commandement : tu ne tueras point !

- contact : association Miages-Djebels
- mention : www.pariscotedazur.fr - février 2007 -
- info@pariscotedazur.fr -