Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

La discrimination positive : les dangers...

de son extension à d'autres domaines.

Crédits:
textes par
Catégorie Les paradoxales

La discrimination positive semble une bonne idée. C'est peut-être une fausse bonne idée. Force est de constater que des Français issus de l'immigration sont victimes de discrimination à l'embauche, qu'ils ont parfois du mal à trouver un bailleur… c'est là un vrai problème, une vraie injustice. Y a-t-il une solution miracle ? Sans doute pas. La solution d'obliger les institutions et les entreprises privées à embaucher un quota de ces français issus de l'immigration et dont la couleur ou le nom le rappelle, est-il la solution ? Obliger les propriétaires à louer, non pas à qui ils veulent mais au premier demandeur qui se manifeste, est-elle une mesure responsable ?

Au Canada, depuis déjà plusieurs décennies, le gouvernement a obligé les administrations à recueillir des offres d'emplois sans mention susceptible d'entraîner une réaction discriminatoire. Un succès relatif, ou un échec relatif selon que l'on préfère voir le verre à moitié plein ou à moitié vide… Les DRH ont vite trouvé des parades et tourné les difficultés en confectionnant une offre d'emploi sur mesure de façon à exclure les candidats indésirables… De même, concernant les loyers. Avec un peu d'astuce et quelques précautions, les bailleurs ne louent qu'à ceux qui répondent à leurs critères. Mais gare à ceux qui se font prendre… les lois les sanctionneront sans états d'âme.

Il est difficile de trouver la juste mesure en ce domaine. D'un côté, il y a des patrons d'entreprise ou des bailleurs qui revendiquent la liberté de choisir leurs employés ou leurs locataires. Doivent-ils pour autant justifier leurs actes et se croire dans l'obligation de détourner les lois et les règlements ? De l'autre, il y a une partie de la population qui cherche du travail et un toit et qui galère plus qu'ils ne devraient…

Encore une fois, la tentation est grande pour l'Etat d'imposer, de légiférer; de protéger le petit, l'orphelin et la veuve contre le nanti, le patron, le puissant, le rentier… Pas si simple, pas facile de mettre de l'ordre, d'être juste. A trop légiférer, à trop obliger, on risque l'écœurement, le rejet d'un État trop autoritaire, trop inquisiteur. Regardons ce qui se passe aux USA où des mouvements radicaux et extrémistes contestent le gouvernement fédéral et toutes les institutions qui le leur rappellent. De tragiques attentats ont été perpétués sur cette base dont celui de Oklahoma City qui fit, le 19 avril 1995, 168 morts et de nombreux blessés.

La discrimination à pour conséquence de porter préjudice, de nuire à la personne, à dévaluer l'image de l'autre et de soi-même. La discrimination positive aura aussi des conséquences fâcheuses, donnant le sentiment à ceux qui se verront priver du droit de choisir leurs employés ou leurs locataires qu'on les prive de leur droit, de leur liberté. Les institutions, par définition impersonnelles, pourront appliquer avec moins de difficultés ce genre de contraintes. Bien qu'on l'ait vu plus haut, au Canada, les offres d'emplois sont tellement ciblées que seul le candidat par avance choisi, peut y répondre…

Autre danger de ce type de mesure : sa possible extension à d'autres domaines. Ainsi, on peut imaginer des quotas partout. Des quotas qui régiraient la vie de tous les jours, qui rendraient justice à chaque minorité, à chaque couche de la population. Le mouvement a déjà commencé. avec la parité homme-femme en politique, qui fait le désespoir des partis machistes qui comptent de nombreux sortants hommes…suivez mon regard !

Le paysage audiovisuel français, le PAF, a mis au goût du jour cette nouvelle tendance. Elle n'est pas seulement liée à la qualité ou la compétence de l'individu mais, à son appartenance à une minorité ethnique et pourquoi pas bientôt religieuse.

On peut ainsi imaginer que demain, chaque membre d'une minorité sera en droit de réclamer une "place réservée" sur la base de ce seul critère. Il faudra dans chaque administration, dans chaque service, dans chaque école, dans chaque classe, un certain nombre de places offertes à telle ou telle catégorie, je vous laisse deviner lesquelles…Ce système fabriquera aussi des laissés pour compte. Bien sûr, ce ne seront pas les mêmes. Est-ce mieux ?

Que chacun réponde pour lui-même, Dieu fera le tri !