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Les intermittents du spectacle :

toujours une menace pour le prochain Festival.

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Tant que le problème ne sera pas régler une bonne fois pour toute, la menace de grève guette le Festival du film de Cannes. C'est dans quatre mois qu'aura lieu la 59ème édition cannoise, du 17 au 28 mai.
Les intermittents avaient tenté, il y a deux ans, de déstabiliser la manifestation. Ils n'y parvinrent pas malgré le passage rapide de José Bové, la grève du personnel des palaces de la Croisette, la présence du "gauchiste" Michael Moore et le séjour du leader de la CGT, Jean Voirin… Les forces de l'ordre, il est vrai, avaient mis le paquet leur laissant peu de marge de valeur. Mais la question de fond reste à poser. Le combat des intermittents français mérite-t-il qu'on s'y dévoue ? Ce Festival là, ce ne fut pas l'avis de tous, loin de là ! Le public ne se mobilisa pas, les professionnels et les journalistes étrangers continuant à se concentrer les uns sur les films, les autres sur les paillettes.

L'exception culturelle française coûte cher, il faut bien le reconnaître. Ceux qui en bénéficient, mettent, on les comprend toute leur énergie pour conserver leurs privilèges, au nom du droit acquis. Les chiffres sont détonants. Le versement promis par le gouvernement de 80 millions d'euros de fond d'urgence est une goutte d'eau face au 850 millions d'euros de déficit versé par l'Unedic.

Le rapport Latarjet, mettait en évidence la multiplication par 2,5 du nombre des intermittents ces dix dernières années, sans noter une augmentation flagrante d'activité. Il faut dire qu'au cours de ces années, pression a été faite par l'industrie cinématographique pour englober de nouveaux métiers dans la liste des ayants droit. On arrive ainsi à 600 métiers qui peuvent, lorsqu'ils travaillent pour des productions du spectacles, prétendre au statut d'intermittent. Un statut très privilégié qui leur permet de toucher des indemnités conséquentes dès qu'ils dépassent un nombre de jours minimum de travail. Un coiffeur au même titre qu'un menuisier ou un acteur peut être déclarer intermittents du spectacle. Il lui suffit d'atteindre les 500 heures annuelles de travail déclaré, soit un peu plus de 14 semaines de 35 heures sur les 52 que comptent une année… Ce qui lui laissent beaucoup temps libre. Un situation, certes précaire, mais plutôt confortable qui laisse le temps à des loisirs dirigés et parfois rentables. Sur l'année 2003 par exemple, l'Unedic a versé en moyenne, 9 031 euros à 35 100 techniciens et 10 359 euros à 69 600 artistes. Rappelons au passage que les 2/3 du déficit de l'UNEDIC sont imputables au régime des intermittents du spectacle.''

M. Donnedieu de Vabres, déjà Ministre de la culture au début de conflit, sera encore là et aura des comptes à rendre à des intermittents qui ne veulent rien laisser passer. Des intermittents du spectacle pour qui les promesses engagent ceux qui les font. Ils sont plus de cent mille à pouvoir revendiquer ce statut, une exception culturelle à la française, qui fait faire des bonds à nos voisins européens. Ni le Royaume Unis ni l'Allemagne n'ont un tel régime social sans pour cela que la qualité et la densité de leur vie culturelle soit épouvantable pour autant.

Quid des autres intermittents qui ne sont pas du spectacle ? Les uns les appellent des chômeurs, d'autres des CDD, d'autres des SDF, c'est selon. Quid des écrivains, des peintres qui ne sont parfois du dimanche que bien malgré eux, des poètes, des chanteurs des rues et des couloirs de métro ? Pourquoi ne viennent-ils pas se joindre aux intermittents officiels ? C'est qu'il faudrait sans doute partager le gâteau en autant d'autres parts…

- Vous avez dit, gâteau, alors pourquoi pas une tarte à la crème ?